« Marseille n'est pas spécifiquement une ville touristique » (Laurent Lhardit, Ville de Marseille)
Rémi Baldy
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Photo d'illustration
Martin Baron / Unsplash
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Pour les touristes, l'été à Marseille a sûrement ressemblé aux précédents à quelques variations météorologiques près. Pourtant, loin des calanques, de la « Bonne-Mère » ou du Mucem, la situation était radicalement différente dans les coulisses de la saison estivale. En effet, depuis janvier, la Ville a repris la gestion de l'office du Tourisme de Marseille (OT). Une première depuis le changement de majorité politique lors des municipales de 2020 qui a porté le Printemps marseillais aux manettes municipales, alors que la compétence est dans le périmètre de la Métropole, présidée par Martine Vassal (ex-LR).
Un poste occupé donc désormais Laurent Lhardit, adjoint au maire en charge de l'économie et du tourisme durable. « L'office de tourisme est notre bras armé pour mettre en place notre stratégie de tourisme durable », présente-t-il. Pour le président délégué de l'OT, l'année 2023 est celle de « la transition » vers ce nouveau modèle. L'un des premiers axes de Laurent Lhardit concerne le traitement même des données liées à cette activité. « Le chiffre de quatre à cinq millions de touristes qui viendraient à Marseille chaque année ne repose sur aucune donnée vérifiée », juge-t-il. L'idée est donc de développer des études pour pouvoir mieux analyser ces flux de visiteurs. « Nous allons nous appuyer sur un outil qui utilise les données de téléphonie mobile », illustre l'adjoint.
Pour la saison estivale qui vient de se terminer, les seuls chiffres connus sont ceux de l'activité de l'hôtellerie : 77,5% de taux d'occupation globale. Une fréquentation qui est en baisse de 4,7 points sur un an et de 5,2 points par rapport à 2019, dernière année avant Covid. « Mais sur la même période, le revenu par chambre a augmenté de 25% », note Laurent Lhardit qui précise que ces indicateurs ne résument pas l'activité touristique mais seulement celle des hôtels. L'adjoint au maire s'appuie sur un sondage effectué durant l'été par l'Ifop, à la demande de la Ville, auprès de 1.000 touristes. Selon cette enquête, dont les résultats complets ne sont pas encore diffusés, seulement 63% des visiteurs logent dans un hébergement marchand. Autrement dit, ceux qui payent leur nuit. Les 27% restants « dorment chez des amis, cela s'appelle du tourisme affinitaire, ou passent par une plateforme d'échange de logement ». Un chiffre qui illustre pour Laurent Lhardit la complexité d'analyser les flux touristiques.
Rémi Baldy