Comment Raediviva veut bâtir une filière régionale du réemploi des matériaux de construction
Maëva Gardet-Pizzo
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assure l'Ademe,
seulement 1% des matériaux de construction sont réutilisés après un premier usage. Bien qu'une grande partie des éléments soient techniquement sujets au réemploi, ils finissent trop souvent mis en décharge ou recyclés, entraînant un impact environnemental et une perte de valeur économique »
On estime ainsi que sur 100 tonnes de déchets produits annuellement en France, 70 proviennent du secteur du bâtiment, soit 227 millions de tonnes. Parmi eux, 50 millions de tonnes seraient jetés dans la nature.
Or la fabrication de nouveaux matériaux émet du carbone et demande d'exploiter toujours plus de ressources non renouvelables comme la pierre, le sable ou le gravier. Mais aussi du bois, de l'eau... Au risque de dérégler les équilibres naturels. Quant au recyclage, couramment pratiqué, il est très consommateur d'énergie. À l'inverse, le réemploi n'exige pas d'extraire de ressources, et son impact carbone est considéré comme nul.
Une aberration. D'autant que le réemploi a longtemps été une pratique courante. C'est ce qu'explique Benoît Campion, président de Raediviva. Un nom qui ramène justement à ce type de pratiques. « Raediviva est le nom donné par les Romains au réemploi de pierres ». Preuve de l'antériorité du réemploi. « Cette pratique s'est perdue il y a une cinquantaine d'années au profit de la société de consommation qui n'a pas épargné le secteur du bâtiment ». Extraire, consommer, jeter. Sans fin.
De sorte que des savoir-faire ont été perdu. Les bâtiments n'ont plus été conçus pour être réemployables. Et les coopérations entre parties prenantes du réemploi ont été rompues.
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Malgré cela, urgences environnementales obligent, quelques initiatives ont vu les jour. C'est le cas de l'entreprise Raedificare, ancienne association qui a laissé sa place à Raediviva pour répondre à des demandes commerciales croissantes. « Il y a de plus en plus d'acteurs qui ont envie de faire des choses. Des maîtres d'ouvrage qui ont envie de faire du réemploi. Des entreprises qui veulent réutiliser leurs matériaux, des ressourceries qui s'intéressent à ces matériaux ... ». Reste que ces intiatives demeurent « disparates. On n'a pas encore de filière du réemploi structurée ». Filière que Raediviva s'attelle justement à la rebâtir.
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