Réindustrialisation, transport, luxe, IA… les 4 vérités de l'économiste Nicolas Bouzou

Laurence Bottero
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Photo d'illustration
Jacques Witt-Sipa.

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LA TRIBUNE - Comment se porte l'économie française ?
NICOLAS BOUZOU - L'économie française ne se porte pas si mal. Si l'on opère un retour en arrière, on constate que depuis la période Covid, les chiffres sont plutôt bons, aussi bien en termes de croissance, d'emploi que concernant l'industrie. L'œuvre de restauration de la compétitivité de la France prend du temps. La croissance devrait s'établir entre 0,5% et 1%. L'enjeu principal, c'est la productivité. On doit investir dans la productivité. Cela est indispensable, notamment si on souhaite faire en sorte que l'endettement public soit gérable.
La Banque de France porte un message plutôt positif pour la seconde partie de l'année 2024...
On observe une résistance de l'économie française. C'est la hausse des taux d'intérêts qui a secoué l'économie française. Après les attentats du 7 octobre en Israël, il n'y a pas eu de choc pétrolier. Même si on le souligne peu, les prix des matières premières baissent. Le prix du cuivre n'est pas très élevé. Le cours du lithium a beaucoup chuté. La Chine faisant face à des problèmes de croissance, elle achète moins de matières premières, cela nous profite.
Les métropoles concentrent beaucoup les attentions. Mais le sujet des territoires, de leur développement et de leur accessibilité, notamment par le train, sont des sujets sensibles...
Il est évident que les usines ne se font pas dans les grandes villes. Ce qui est évidemment une bonne chose puisque cela permet de répartir l'activité économique. Mais cela pose inévitablement la question du logement et des transports. On s'est beaucoup focalisé sur le TGV, qui relie les grandes villes. Le sujet, c'est comment on met le train dans les stratégies de développement territorial. Par exemple, sur la ligne Paris/Lyon, on constate l'augmentation du trafic et la baisse des prix. Dans les faits, la concurrence est une bonne chose, elle permet le développement de l'offre. Le maillage du réseau aérien est bien, le ferroviaire doit adopter le même modèle.
Laurence Bottero