La Ligne Nouvelle entre enjeu de trafic et enjeu bioclimatique
Gaëlle Cloarec
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
Gaëlle Cloarec
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
Le moment est un peu solennel, ce lundi 20 novembre, à la mairie de Nice. Il faut dire que ce n'est pas tous les jours que l'on annonce la construction d'une gare dans la capitale azuréenne. La dernière réalisée, la Gare du Sud, désormais halle gourmande, date de 1873. La gare Thiers, elle, de 1862. Par la suite, l'ère routière s'est peu à peu imposée, laissant à distance le rail. Lequel prend aujourd'hui sa revanche. "Le futur et l'urgence climatique nous amènent à une accélération du ferroviaire, constate Marlène Dolveck, directrice générale de SNCF Gares & Connexions. Particulièrement ici, dans cette région, où l'on cultive un certain avant-gardisme et une volonté certaine d'accélérer le train". Une référence directe au projet de Ligne Nouvelle Provence Côte d'Azur (LNPCA), dont les phases 1 et 2, déclarées d'utilité publique en 2022, visent à muscler la colonne vertébrale ferroviaire régionale qui relie Marseille à Vintimille, afin d'accroître le nombre de trains du quotidien sur la ligne (jusqu'à + 66%) et de mettre en œuvre des RER métropolitains autour des aires urbaines d'Aix-Marseille, de Toulon et de Nice. Condition sine qua non pour favoriser efficacement le report modal de la voiture vers le train, et ainsi réduire les émissions de carbone liées au transport.
Nice donc ! C'est là, à l'ouest de son périmètre, que s'enclenche la première opération phare de ce projet au long cours, avec la transformation de la halte TER actuelle en gare centrale de la métropole Nice Côte d'Azur. Pièce maîtresse du pôle d'échange multimodal, située à 200 mètres à peine du deuxième aéroport de France et connectée à plusieurs lignes de tramway, de bus et de pistes cyclables, elle sera dotée de quatre voies à quai et permettra selon les projections à 2030 un flux de 10.400 passagers par jour (soit 3,8 millions par an), contre 7.000 aujourd'hui. Une opération chiffrée à 232 millions d'euros hors taxes qui se présente par ailleurs comme la première gare bioclimatique d'Europe. "C'est une exigence de performance écologique adaptée au défi climatique, relève Christian Estrosi, maire de Nice et président de la métropole Nice Côte d'Azur. Cela se traduit par des matériaux biosourcés, une production photovoltaïque en autoconsommation de 600 MWh par an, 4.200 m² de surfaces végétalisées pour lutter contre les îlots de chaleur et des centaines de places de stationnement, 700 pour les voitures, 900 pour les vélos".
Gaëlle Cloarec