3IA Côte d'Azur : quel bilan, quatre ans après ?
Gaëlle Cloarec
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... positive, son avenir reste encore à déterminer dans une saison 2 qui s’élargirait à une dizaine de clusters et pour laquelle candidate l’institut azuréen, 3IA Côte d’Azur*. Entretien avec son directeur Charles Bouveyron.
La Tribune : Labellisé en 2019 pour quatre ans, l'institut interdisciplinaire d'intelligence artificielle 3IA Côte d'Azur achève sa première saison d'activité. Quel bilan tirez-vous ?
Charles Bouveyron :
Un bilan très positif. Les instituts, et les financements qui les ont accompagnés, à savoir 50 millions d'euros pour 3IA Côte d'Azur dont 19 millions d'euros en provenance de l'Etat, ont donné le coup d'envoi de la structuration des écosystèmes autour de l'IA qui se lit aujourd'hui dans les territoires. Sur la Côte d'Azur, la dynamique est très forte autour de la R&D et de la formation, on constate une excellente structuration qui a certainement bénéficié du fait que nous n'étions pas partis d'une feuille blanche. Avant même l'appel à manifestation d'intérêt de 2019, les établissements d'enseignement supérieur et de recherche azuréens avaient déjà mis en place des programmes sur ce qu'on appelait alors la data science, et Sophia Antipolis accueillait sa première édition du SophIA Summit.
Concrètement, comment cela se traduit-il ?
En quatre ans, environ 900 publications ont été réalisées par les chercheurs du 3IA Côte d'Azur sur les thématiques qui sont les nôtres, la santé et le développement des territoires intelligents. Quelque 70 doctorants et post-doctorants ont travaillé au sein de l'institut dont les premiers diplômés commencent à arriver sur le marché. Nous avons également soutenu huit start-ups qui ont utilisé et implémenté les technologies développées par nos chercheurs dont certains ont monté leur propre structure. C'est le cas de Sequoia Analytics, qui utilise les fibres optiques présentes le long des routes pour monitorer et détecter des événements comme une crue, un glissement de terrain, un tremblement de terre mais aussi des choses bien plus basiques tels que les bouchons. En matière de santé, nous avons travaillé par exemple sur l'apprentissage fédéré des données médicales permettant l'utilisation des technologies IA sans nécessiter la mise en commun de celles-ci. Ce système, qui répond à un enjeu de sécurité des données de santé, est en cours de déploiement en lien avec le réseau de centres de lutte contre le cancer, Unicancer. Bref, nous sommes sur la dynamique attendue.
Gaëlle Cloarec