« La décarbonation positive est la meilleure façon de changer les mentalités » (Carlos Moedas, maire de Lisbonne)

Laurence Bottero
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... ce membre du PSD de souhaiter aussi un peu plus de modération en politique.
LA TRIBUNE - Lisbonne vient d'être élue i-Capitale européenne, après Aix-Marseille Provence l'an dernier. Qu'apporte cette distinction ?
CARLOS MOEDAS - C'est la reconnaissance de Lisbonne, aujourd'hui, comme une ville où l'innovation est unique en Europe. Par sa situation géographique, par les talents qui arrivent à Lisbonne, le projet que nous avons construit d'usine à licornes... Tout cela, ensemble, a transformé Lisbonne en une ville où tout le monde veut être présent. Cela est très différent de la Lisbonne où je suis né, où j'ai grandi... C'est une transformation exceptionnelle de la ville, qui est devenue attirante pour des talents internationaux. Parfois, les Portugais - nous sommes un pays de dix millions d'habitants - pensent qu'ils ne peuvent pas être au même niveau que les autres. Et c'est normal de penser cela quand on est un pays de petite taille. Mais là, cette distinction nous place vraiment dans le top de l'Europe. Pour moi, qui me suis tellement battu pour faire de Lisbonne une ville d'innovation, qui ai promis à ma population de revenir avec le prix i-Capitale, c'est une récompense pleine de sens.
Dans le dossier de candidature vous aviez mis en avant Lisbonne capitale de la licorne. La licorne c'est un peu une sorte de Graal quand on parle innovation... Mais qu'est-ce que cela signifie en termes d'attractivité ?
Le Web Summit (que Lisbonne reçoit chaque année depuis 2016, NDLR) a apporté de l'intérêt mais ce projet d'usine a donné une dimension supplémentaire. L'idée était de créer un projet où l'on attire les grandes entreprises. J'utilise le mot licorne dans ce sens-là. En deux ans, nous avons réussi à convaincre 12 licornes d'installer leur bureau à Lisbonne. Cela a créé de l'emploi car, en plus de ces licornes, d'autres entreprises technologiques ont également fait le choix de Lisbonne. 54 entreprises se sont donc également installées au cours de ces deux années, créant plus de 10.000 emplois. Entre le Web Summit - où les visiteurs venaient puis repartaient - et Lisbonne qui conserve les talents, la dimension est différente. Nous étions dans cette idée de lier l'Europe aux villes. Je pense qu'aujourd'hui, le lien le plus important est celui-ci. Pendant longtemps, on a lié l'Europe aux pays. Cependant, les pays n'ont pas grand intérêt à travailler avec l'Europe, ils préfèrent être, chacun, au centre de l'attention. Mais nous les villes, nous avons un énorme intérêt à travailler avec l'Europe. Cette usine de licorne que nous avons créée était une façon de faire la connexion avec les grands projets européens.
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