Comment l'atelier d'insertion 13 Atipik veut tisser une filière du réemploi textile à Marseille (et au-delà)
Maëva Gardet-Pizzo
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Ciseaux qui claquent. Machines à coudre qui vibrent sur les tables. Doigts qui ondulent le long des coutures ... Ce matin, l'atelier d'insertion par la couture 13 Atipik est en ébullition. Entre ses murs blancs, une petite quarantaine de salariés s'affaire à transformer en trousses et pochettes quelques 100.000 anciennes sacoches de la marque marseillaise de doudounes Jott. « On en bave un peu », reconnaît Sahouda Maallem, la patronne et fondatrice de l'atelier.
Transformer de l'ancien en neuf, cela a toujours fait partie de l'activité de 13 Atipik. Par appétence personnelle de sa fondatrice qui, ayant grandi dans une famille modeste de onze enfants, s'est toujours amusée à transformer et améliorer des vêtements. Mais aussi par engagement écologique alors que ces dernières années, malgré un réchauffement climatique et des pollutions de plus en plus visibles, l'essor de la fast fashion a fortement aggravé l'impact environnemental de la filière. Ainsi, selon l'Ademe, 4 millions de tonnes de déchets vestimentaires sont jetés chaque année en Europe. Une benne par seconde dans le monde. Et ceux-ci sont la plupart du temps incinérés, dégageant des émanations souvent toxiques, tout en sollicitant l'exploitation de toujours plus de ressources.
Une consommation plus sobre, de même que le recours accru à la réparation, sont des réponses à ces aberrations. 13 Atipik croit aussi beaucoup au upcycling depuis sa création. « Au départ, on récupérait des matières que l'on transformait pour faire des défilés ou des exercices. Maintenant, l'éco-conception représente 80 % de notre activité » ; les 20 % restants consistant en de la confection de petites capsules pour de jeunes créateurs locaux ou nationaux.
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On ne fait pas vraiment de distribution avec cette marque. Mais cela nous permet d'expérimenter des choses, avec de nouvelles matières : des serviettes, des rideaux ...
». La marque a aussi contribué à asseoir la notoriété de Sahouda Maallem et de ses équipes sur ces sujets. De même que divers partenariats.Maëva Gardet-Pizzo