Dans le Sud, l’activité se tasse et le chômage repart
Rémi Baldy
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La fièvre inflationniste retombe, mais cela n'empêche pas l'économie de freiner. « En Provence-Alpes-Côte d'Azur, l'activité économique continue à ralentir au troisième trimestre avec un volume d'heures rémunérées qui croît moins vite depuis le début de l'année 2023 », écrit l'Insee dans sa dernière note de conjoncture. Pour Etienne Lenzi, responsable de l'unité conjoncture à la direction régionale de l'institut, il ne s'agit ni plus ni moins que d'un ralentissement de l'économie « après le rebond post-Covid ». Un retour à des niveaux d'avant la crise sanitaire en somme, qui n'étaient guère dynamiques. Les prévisions de croissance du PIB en France pour les prochains trimestres mois ne dépassent d'ailleurs pas les 0,2%. En 2019 elle avait été de 0,3% pendant les trois premiers trimestres.
Le constat de ce ralentissement varie néanmoins selon les secteurs. D'un côté, la restauration et l'hébergement s'en tirent bien, « mais ils ont redémarré plus tard après la crise » précise Etienne Lenzi. L'industrie s'en sort bien également, elle « reste sur une tendance positive, bien plus qu'au niveau national » indique l'Insee. A l'inverse, la construction et l'immobilier au sens large sont en pleine crise. Le contexte économique, entre inflation et hausse des taux, « pèse à la fois sur les mises en chantier, les autorisations et les transactions » détaille l'institut.
C'est bien dans le bâtiment que la situation est la plus mauvaise, à l'image de ce qui se passe dans tout le pays. Pour ne rien arranger, les perspectives « restent sombres » juge l'Insee alors que le nombre d'heures rémunérées baisse pour le deuxième trimestre consécutif sur ce secteur. Des chiffres qui sont la conséquence directe de la chute de 25% des mises en chantier depuis un an, de quoi flirter avec la barre des 5.000 logements trimestriels commencés. Le nombre permis de construire traduit également la morosité du secteur. Entre juillet et septembre 2023, 6.100 ont été délivrés « soit un volume à peine plus élevé que le volume le plus bas enregistré durant la crise sanitaire (5.900) » compare l'Insee.
Rémi Baldy