La French Tech Côte d’Azur, les ETI et le défi de la croissance
Laurence Bottero
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Le numérique est un game changer... à condition de savoir s'en servir. Si certaines filières y ont sauté à pieds joints, d'autres ont parfois hésité à prendre le train de la digitalisation. Mais désormais - et après une période de crise sanitaire qui a fortement secoué bien des business-modèles - force est de constater que le numérique est une brique fondamentale - même si elle n'est pas toujours l'alpha et l'omega - qui n'est plus l'apanage de seules jeunes pousses mais bien un outil, un levier pour toutes les entreprises.
Cette vision est celle que défend Betty Seroussi. Le numérique est précisément venu percuter son secteur, celui du voyage. Là où on ne l'attendait pas, il est venu remettre en question des approches bien ancrées. Travel Planet, née en 2014, est issue de cette transformation qui lui a fait abandonner ses oripeaux d'agence de voyage tout ce qu'il y a de plus classique, pour entrer dans le cercle encore restreint des traveltech tricolores.
Le 29 février dernier, jour de l'ouverture des ventes pour les Jeux Olympiques, les 350.000 places SNCF réservées en 4 h sur la plateforme azuréenne démontrent à la fois l'évolution du secteur et l'appétence de celui-ci, qui, globalement et tous segments confondus, a retrouvé les niveaux de 2019.
« Le secteur du voyage BtoB se porte très bien », se satisfait Betty Seroussi, 2024 semblant emboîter le pas à 2023.
« En 2019, Travel Planet gérait 450.000 dossiers par an, en 2023, ce sont 500.000 dossiers qui ont été traités, ce qui démontrer le retour à une certaine stabilité », confirme Betty Seroussi, reconnaissant que la crise sanitaire a été certes, une période de crise, mais également une opportunité puisqu'elle a permis à la jeune entreprise de proposer sa plateforme en marque blanche aux opérateurs de voyage tels la SNCF.
Le train, qui a retrouvé une appétence particulière du point de vue des entreprises pour sa capacité à se présenter comme une solution moins polluante, faisait déjà l'objet d'un regain d'intérêt, assure Betty Seroussi. « Historiquement le train représentait déjà 40% de nos dossiers historiquement des entreprises françaises et des institutionnels préférant ce mode de déplacement. Néanmoins, avec notre plateforme propriétaire, nous avons très vite mis des connexions directes avec la SNCF. En 2019, nous avons intégré OuiGo. Grâce à cela, la SNCF s'est intéressée à notre technologie, pour, à l'inverse, devenir notre client ».
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