Les ETI face à l'impératif défi de la digitalisation
Rémi Baldy
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Photo d'illustration
KPMG
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Pour un client, la digitalisation de l'économie se traduit par la réalisation d'achats ou de démarches en quelques clics. Une réalité d'usage bien loin du lourd travail invisible pour effectuer cette adaptation au sein d'une entreprise. « Cela nous permet d'être agile, mais agilité ne veut pas dire légèreté, il faut faire attention à ne pas créer une usine à gaz », présente Damien Bonnabel, le directeur général d'Allopneus. En plus d'être digitale native, la société installée à Aix-en-Provence ne vend qu'en ligne, elle symbolise bien le fait que la transformation digitale concerne toutes les entreprises.
Un sujet sur lequel essaient de sensibiliser les autorités publiques, les acteurs politiques et privés. En mai dernier, le cabinet KPMG publiait une étude sur « les grandes transformations des ETI grâce au numérique » baptisée « la grande accélération ». Le but était « de creuser ce que représente pour les ETI le numérique », explique Benoît Favre-Nicolin, qui a co-piloté l'étude. Entre évolution du modèle d'affaire, impact environnemental, réglementation et cybersécurité, changement des compétences et enjeu de financement, il en ressort que « la transformation digitale est la mère de toutes les transformations » comme le formule Pierre-Laurent Soubra, directeur régional Sud-Est de KPMG. C'est pour aborder par l'exemple ce grand chamboulement que le cabinet a réuni Damien Bonnabel, Audrey Goutille, directrice générale d'Alinéa, et Serge Madgeleine, directeur général de LCL.
« Dans un magasin Alinea, vous ne verrez aucun écran », présente Audrey Goutille. Une manière d'illustrer que la digitalisation ne passe pas par la disparition des vendeurs. Car dans les points de vente de la marque d'ameublement dont le siège est basé à Aubagne, la mutation numérique a bien eu lieu. « Avec une application sur leur téléphone, nos vendeurs connaissent leurs stocks, les goûts des clients, sa CSP et peuvent déclencher des flux logistiques », énumère la dirigeante. La digitalisation sur l'ensemble de la chaîne a permis d'améliorer la productivité en passant de « 70% du temps de travail consacré à de l'administratif, pour 30% à la vente, à 50-50 aujourd'hui ».
Rémi Baldy