A Marseille, la densification de la ville s'éloigne du centre
Rémi Baldy
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
Rémi Baldy
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
La crise du logement couvait depuis plusieurs mois, voire depuis quelques années. Sa mise en lumière, récemment, est en réalité la crise d'un marché des transactions grippé par la hausse des taux d'intérêt. Car les freins autour du logement sont nombreux. En fin de chaîne, se trouve le pouvoir d'achat des potentiels acquéreurs, alors que bien plus en amont les permis de construire se sont fait rare de la part de villes qui veulent réfléchir à un urbanisme global. La loi zéro artificialisation nette des sols rend l'agrandissement des villes encore plus complexe. « Le foncier facile, il n'y en a plus », expose Laure-Agnès Caradec, présidente de l'Agam à l'occasion d'une conférence sur « l'adaptation de ville » organisée par l'agence d'urbanisme publique de Marseille.
Un vaste thème qui nourri les échanges sur la situation marseillaise, surtout orientés sur le centre-ville. La demande y est très forte et le manque de logement se fait, en toute logique, sentir. Toutefois, la solution qui pourrait paraître évidente de l'intensification n'est pas forcément totalement souhaitable avance Franck Caro, directeur général de la société publique locale d'aménagement d'intérêt national (SPLA-IN) d'Aix-Marseille-Provence. « A Paris, la densité par habitant est de 21.000 par km2, c'est 3.000 à Marseille, peut-être 5.000 ou 6.000 si l'on enlève les espaces verts comme le parc national des Calanques. Mais dans le 1er arrondissement, la densité atteint 22.000 habitants par km2, il faut donc regarder à l'échelle d'îlot lorsque l'on parle de densification », présente-t-il, expliquant « trouver le centre-ville suffisamment dense ».
Déterminer la « juste densité » relève d'un travail de dentelle et doit s'appuyer sur un bon diagnostic. Également présidente d'Euroméditerranée, l'établissement public d'aménagement qui conduit la phase 2 de l'opération de rénovation urbaine à Marseille, Laure-Agnès Caradec souligne la « différence entre perception et réalité » concernant ce quartier en construction « pas forcément plus dense que le centre-ville ».
Rémi Baldy