« Il existe un particularisme régional dans le Sud en matière de cancer » (Pr Emmanuel Barranger, DG Centre Antoine Lacassagne)
Gaëlle Cloarec
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... r général, le Professeur Emmanuel Barranger, dont le mandat de cinq ans a été renouvelé le 1er février dernier.
LA TRIBUNE - Le Centre Antoine Lacassagne est l'un des établissements de santé de référence dans la lutte contre le cancer en France. Quelles sont ses spécificités ?
EMMANUEL BARRANGER - Elles sont plurielles. D'abord, le Centre Antoine Lacassagne possède l'un des plateaux techniques les plus complets d'Europe et est un des trois établissements en France, avec ceux de Caen et d'Orsay, à proposer des traitements par protonthérapie pour traiter, principalement, les tumeurs du cerveau chez l'enfant. Le centre est également reconnu pour son expertise en cancérologie des tumeurs de la face et du cou et en chirurgie des cancers de la femme. Il totalise chaque année environ 62.000 séjours par an, 32.000 séances de radiothérapie et 20.000 de chimiothérapie, ce qui en fait le troisième établissement de Provence-Alpes-Côte d'Azur en termes de volume. Enfin, comme dans tous les centres de lutte contre le cancer, son directeur général est un médecin.
Est-ce que cela change quelque chose ?
Je le pense. Le directeur général travaille en binôme avec un adjoint administratif, issu de l'EHESP (Ecole des Hautes Etudes en Santé Publiques, NDLR). Au premier la vision, les enjeux, la cancérologie, au second l'opérationnel, l'application des normes, la gestion des supports. C'est une belle complémentarité, forte de sens. Dans la plupart des pays européens, les directeurs d'hôpitaux sont des médecins. Pas en France. Or, un professionnel de la santé à la direction d'un établissement de santé lui confère une notion de professionnalisme. Dans un contexte de crise de confiance à l'égard des dirigeants, notamment dans les administrations, cela a son importance.
Quel est votre modèle économique ? Êtes-vous à l'équilibre ?
Nous sommes un établissement privé au modèle économique public, nous avons donc l'obligation de respecter la nomenclature qui s'applique à tous les établissements de santé public et privé à but non lucratif. Autrement dit, nous ne pratiquons pas de dépassement d'honoraires et les consultations libérales sont interdites. Nos recettes proviennent des activités de soins, de recherche et du remboursement de molécules onéreuses. Quant à la question de l'équilibre, nous sommes fiers d'être excédentaires depuis deux exercices. C'est difficile, mais l'activité de cancérologie, contrairement à d'autres activités de santé, est plus rémunératrice, bien qu'elle demande en contrepartie des investissements coûteux et fréquents pour être à la pointe de la technologie. A cet égard, nous avons investi ces quatre dernières années 12 millions d'euros en équipement médicaux.
Gaëlle Cloarec