« Il n’y a plus de facteur investissement pour soutenir la croissance en 2024 », (Frédéric Visnovsky, médiateur national du crédit)
Propos recueillis par Gaëlle Cloarec
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... Maritimes ce 27 mai à l’invitation de l’UPE 06 et de son président Pierre Ippolito, en amont de sa mission d’évangélisation qui débutera ce vendredi 31 mai à Rennes.
La Tribune - Après la crise Covid, l'inflation, la hausse des matières premières et celle des taux, comment se portent les entreprises françaises ?
FRÉDÉRIC VISNOVSKY- Les entreprises françaises ont été résilientes, à n'en pas douter. Elles ont résisté aux différentes crises. Nous le voyons à travers les chiffres d'affaires 2022 et 2023 (dont les comptes seront publiés fin juin, NDLR) qui se sont bien comportés. Même chose pour les marges : il y a évidemment des différences sectorielles, toutes n'ont pas eu la capacité de répercuter les augmentations des coûts sur leurs prix, mais en moyenne le taux de marge des entreprises est meilleur qu'en 2019. Et si l'endettement s'était accru pendant la période Covid, notamment avec les PGE, ce taux s'améliore et revient à des niveaux d'avant-crise. C'est la traduction que les entreprises ont su dégager des résultats et donc renforcer leur structure financière.
Il y a pourtant le sujet des défaillances d'entreprise. En 2023, avec près de 60.000 procédures ouvertes, leur nombre a augmenté de près de 36% par rapport à 2022...
C'est en effet un point d'attention. Nous sommes revenus à des niveaux d'avant-crise. Toutefois, c'est moins ce chiffre-là qui m'importe que le fait que ces défaillances augmentent dans le segment des PME. Traditionnellement, ce sont les TPE et les auto-entrepreneurs qui alimentent ce taux, et non les entreprises de taille plus importante. Cette évolution est notable et d'autant plus regrettable qu'elle a un effet sur l'emploi plus important. En 2023, les défaillances d'entreprise ont concerné quelque 250.000 emplois, c'est nettement supérieur aux chiffres d'avant-crise qui évoluaient en dessous des 200.000.
Quid du financement ?
Il n'y a pas de sujet particulier concernant le financement bancaire, les taux d'abstention restent bons, c'est plutôt au niveau du crédit inter-entreprise que nous notons une dérive. Il faut savoir que le crédit fournisseur, c'est 2,5 fois les crédits de trésorerie accordés par les banques, soit quelque 800 milliards d'euros. Celui-ci s'est détérioré en 2023 en termes de délais, passant de 11,7 jours à 12,6 jours. Or, 12 jours de retard de paiement, c'est 12 milliards de trésorerie dont ne disposent pas les petites entreprises. C'est un problème.
Propos recueillis par Gaëlle Cloarec