Les enjeux des opérateurs touristiques pour réussir leur décarbonation
Gaëlle Cloarec
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MMV StFoy ete19
©M.Reyboz
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... le des parties prenantes, vacanciers compris.
Tous les professionnels s'accordent à le dire, le tourisme de demain sera vert ou ne sera pas. Attendus au tournant, le secteur et ses 8% de PIB pèsent, selon une étude de l'Ademe de 2021, 11% des émissions de gaz à effet de serre (GES) en France. En termes de CO2, cela se traduit par 118 millions de tonnes émises en un an, soit l'équivalent des émissions cumulées des régions Île-de-France, Bretagne et Provence-Alpes-Côte d'Azur. En PACA justement, où le tourisme représente 13% du PIB et 150.000 emplois, l'Observatoire régional de l'Energie évaluait à 11,7 millions de tonnes le CO2 généré par les 219 millions de nuitées enregistrées en 2012. Dix ans plus tard, si les nuitées comptabilisées ont légèrement diminué, s'établissant à 213 millions en 2022, pas sûr qu'il en soit autant pour le CO2 engendré, a contrario de la prise de conscience qui, elle, grimpe à vitesse grand V et désormais s'impose à tous.
« La décarbonation ? On y va pour deux raisons, pas forcément antinomiques par ailleurs, à savoir la conviction pure et dure d'une part et de l'autre l'obligation, qu'elle soit poussée par la réglementation ou par les clients. Dans tous les cas, il n'y a aucun objectif de retour sur investissement. En la matière, le ROI est impossible », constate Vincent Muller, directeur général du groupe Sowell. Né en 1985, l'opérateur basé à Aix-en-Provence gère 35 hôtels et résidences dans 19 destinations, soit quelque 7.800 lits, une moyenne de 350.000 vacanciers par an, à 70% en formule all inclusive, et un chiffre d'affaires de 63 millions d'euros (HT).
Il y a deux ans, le groupe s'est emparé du sujet en mettant d'abord en place une myriade de procédures diverses et variées sur ses lieux de séjour : suppression des bouteilles d'eau, par centaines de milliers chaque année, remplacement des contenants plastiques par d'autres en matière recyclable, achat d'un parc de machines à laver le linge plus économes, installation de sous-compteurs pour détecter toute fuite dans les piscines, élaboration d'une charte incitant les clients à ne pas gaspiller d'eau... Si cette succession de petites actions « n'est pas encore mesurable », la mise en place de systèmes de pilotage énergétique devrait lui permettre « d'économiser entre 25 et 30% des consommations électriques par an sur l'ensemble du parc ». L'investissement pour un établissement moyen tourne autour de 60.000 euros. « Tous nos sites mer seront équipés cet été et nos sites montagne, la saison hivernale 2024/2025 », précise le directeur. Il est entouré dans cette tâche par les cadres du groupe et des référents sur site. « Nous avons fait le choix d'attaquer le sujet en meute, chacun dans son domaine de spécialité. C'est toutefois très complexe car il nous faut apprendre un nouveau métier ».
Gaëlle Cloarec