Les ambitions « vertes » du créateur français de GetLinks
Emmanuel Langlois
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C'étaient les débuts d'internet. Débarqué en Asie il y a dix ans, d'abord à Shanghai, pour une première expérience dans le marketing numérique chez Lazada, la première plateforme de e-commerce en Asie du Sud-Est, Djoann Fal grimpe les escaliers quatre à quatre. En 2015, il monte à Singapour avec trois associés hongkongais et thaïs sa propre plateforme, GetLinks.
A l'instar de LinkedIn dans le reste du monde, le réseau social devient rapidement la première place de marché pour l'emploi dans la tech en Asie.« Le continent asiatique est très avancé. Davantage qu'en Europe, les réseaux sociaux font vraiment partie ici de la vie quotidienne. Tout ce qui est paiement, aller au restaurant, prendre un taxi, effectuer des achats, se faire livrer des repas ou réserver un billet d'avion se fait sur les réseaux sociaux. Ils sont passés de simples messageries à des « super apps » comme le chinois WeChat qui est aujourd'hui un véritable mode de vie pour un milliard d'utilisateurs. »
Etonnement, l'anglais n'est presque pas parlé en Asie, hormis dans les milieux d'affaires internationaux. Et c'est ce qui a constitué la chance de Djoann Fal. « De ce fait, LinkedIn n'a que très peu de pénétration sur les marchés d'Asie du Sud-Est, assure-t-il. Beaucoup de professionnels qui voulaient travailler dans la tech ne connaissaient pas LinkedIn et ils ne maîtrisaient de toute façon pas suffisamment l'anglais pour y être présents. On leur a apporté un réseau professionnel dans leur langue avec des profils qu'ils pouvaient créer pour être embauchés et face à eux des recruteurs à la recherche de talents ».
A Singapour et dans la région, le fonctionnement de l'économie est bien différent de ce que l'on connaît en Europe. En général, pays par pays, cinq à six conglomérats se partagent tous les investissements et financements. « C'est comme si, en France, vous aviez uniquement Total et LVMH, résume le jeune homme, diplômé d'ESCP, et que toutes les innovations faisaient partie de leurs familles. Il faut vraiment rencontrer les bonnes personnes et accéder à ces réseaux qui vous aideront par la suite. »
Emmanuel Langlois