« Pénaliser les entrepôts, c’est pénaliser le cycle de production » (Jean-Louis Maurizi)
Colombe Laferté
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
Colombe Laferté
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
LA TRIBUNE - Les députés ont rejeté le volet recettes du projet de loi de finances pour 2025 il y a une semaine. Etiez-vous favorable à ce texte ?
JEAN-LOUIS MAURIZI - Je ne dirai pas que je me réjouis du rejet car je crois que c'est la première fois sous la Vème République qu'un texte est rejeté et repart donc au Sénat dans sa version initiale. Mais ce texte portait un alourdissement de plus de 35 milliards d'euros de la fiscalité des entreprises. Alors que l'on note une accélération des défaillances, on propose aux entreprises - en pleine constitution de leur propre budget - et alors qu'elles terminent une année difficile, d'augmenter les charges fiscales et sociales. Nous appelons à la responsabilité. Lorsque les entreprises sont inquiètes, elles font deux choses : réduire les plans d'investissement et ne plus recruter, comme le montre le gel des embauches dans beaucoup de petites entreprises.
Les aides à l'apprentissage doivent-elles être les victimes des nécessaires économies étatiques, en passant de 6.000 euros à 4.500 euros ?
Les finances publiques sont en difficulté : nous pouvons accepter une réduction de l'aide, mais pas de manière brutale. L'apprentissage est bénéfique pour de nombreux jeunes qui doivent trouver le moyen de financer leurs études, surtout pour ceux qui viennent de milieux modestes. Plutôt que d'avoir des étudiants boursiers, je préfère avoir des étudiants en contrat d'apprentissage et qui ensuite, souvent, ont des propositions d'emplois au terme de leur contrat. Traditionnellement, l'apprentissage était un accompagnement des petites entreprises et des artisans.
Des amendements ont été ajouté au texte prévoyant des taxes sur les entrepôts. Est-ce un croche-patte à l'objectif martelé de souveraineté nationale ?
À lire également
Alors qu'on nous demande de réindustrialiser le pays, on nous dit que si on agrandit nos entrepôts, on paiera une taxe supplémentaire. On travaille de plus en plus dans des productions à flux constant et pour les sécuriser, nous devons pouvoir disposer d'entrepôts capables d'accueillir un stock de plusieurs jours de façon à alimenter le cycle de production. Si on pénalise les entrepôts, on pénalise le cycle de production.
Colombe Laferté