« Les entreprises de l'ESS sont plus difficiles à appréhender pour un investisseur »
Maëva Gardet-Pizzo
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Bien qu'elles soient définies par des valeurs telles que l'utilité sociale ou l'ancrage territorial, les structures de l'économie sociale et solidaire sont avant tout des actrices de l'économie qui ont besoin d'une viabilité pour mener à bien leur activité. Viabilité que beaucoup parviennent à trouver, parfois même davantage que les entreprises dites classiques. C'est le cas des sociétés coopératives notamment, dont le taux de survie à cinq ans s'élève à 79 %, contre 61 % pour les autres entreprises d'après la Confédération générale des Sociétés coopératives de production (Scop).
Pourtant, malgré cette solidité et des vertus sociales et environnementales auxquelles les acteurs de la finance prêtent une attention croissante depuis plusieurs années, les structures de l'ESS peinent à convaincre les investisseurs.
« Ces structures présentent des modèles économiques différents », explique Dominique Giabiconi, directeur de France Active en Provence-Alpes-Côte d'Azur. « Elles se distinguent notamment par des niveaux de fonds propres plus bas », tout en recourant à des outils auxquels les investisseurs - publics comme privés - sont peu habitués, à l'instar des titres participatifs par exemple.
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La gouvernance démocratique selon laquelle une personne vaut une voix peut aussi déconcerter des financeurs habitués à investir au prorata du pouvoir de décision qu'ils souhaitent acquérir au sein d'une structure. « La gouvernance démocratique rajoute un niveau de complexité ». Complexité que l'on retrouve dans les modèles économiques de ces structures aux statuts très variés (associations, coopératives, entreprises, fondations, mutuelles) : « ces modèles sont souvent hydribés, avec un mélange de financements publics et privés. Les entreprises de l'ESS sont plus difficiles à appréhender du point de vue d'une banque ou d'un investisseur ».
Maëva Gardet-Pizzo