Transition écologique. Creusement des inégalités. Prise en charge des personnes fragiles... Face à ces défis, le marché semble parfois impuissant à porter des réponses convaincantes faute de pouvoir en tirer une rentabilité suffisante. Pire, il peut parfois causer de graves séquelles, en témoignent les scandales autour de certaines crèches et Ehpad. Et si l'ESS était une réponse, elle qui fait de l'économie un moyen au service des besoins. Et ce, depuis sa genèse.
« Les premières formes d'économie sociale et solidaires émergent au moment de la Révolution industrielle à l'initiative de salariés qui veulent trouver des formes d'organisation plus justes, qui répondent davantage à leur intérêt », explique Nadine Richez-Battesti, enseignante chercheuse spécialiste de cette forme d'économie au sein d'Aix-Marseille Université et du CNRS. Déracinés de leur campagne où s'organisait une forme de solidarité au sein et entre les familles, les ouvriers de l'exode rural inventent d'autres formes d'entraide : coopératives, sociétés de secours mutuel ...
« Dès le départ, complète Denis Philippe, président de la Chambre régionale des entreprises de l'économie sociale et solidaire, l'ESS propose un autre modèle économique en réaction au modèle dominant ». Elle constitue ainsi une économie de la réparation, un « tiers secteur » - comme on l'appelle alors parfois - qui vise à répondre aux besoins insatisfaits par l'économie de marché. Mais ses contours demeurent assez flous. « Différentes formes d'organisations se légalisent dans plusieurs pays européens. En France, chacune obtient, de façon indépendante, un statut spécifique », note Nadine Richez-Battesti. Puis la loi Hamon de 2014 les réunit autour d'une définition commune qui permet à l'ESS de mieux se structurer. Relèvent dès lors de l'ESS les associations, les fondations, les mutuelles, ainsi que les entreprises parmi lesquelles les sociétés coopératives. Des statuts qui portent une part significative de l'économie, y compris en Provence-Alpes-Côte d'Azur.