ESS : "Le modèle économique, c'était presque un sujet tabou"
Maëva Gardet-Pizzo
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Des bureaux et des salles de réunion. Une vaste cuisine où traînent des tasses de toutes les couleurs. Un tableau velleda annonçant le programme des jours à venir et, notamment, la tenue d'un karaoké baptisé « Chantons nos utopies ».
Niché au cœur de la Friche-Belle-de-mai, Intermade ressemble à un incubateur comme on en compte désormais beaucoup dans la ville. À ceci près qu'il accompagne un type bien précis de porteurs de projets. Sa spécialité : l'économie sociale et solidaire, au sein de laquelle il a tenu la main à un millier de projets, depuis sa création en 2001 au sein d'un foyer pour jeunes travailleurs.
Enrichi de l'espace marseillais de coworking La Ruche qu'il a pris sous son aile sous la bannière du groupe Concrétisons l'utopie, il fait aujourd'hui figure de premier incubateur de l'ESS en France et a germé à d'autres endroits de la région ; soit en propre dans les Alpes-Maritimes à travers son petit frère Az'up, soit en transférant ses outils à d'autres opérateurs locaux, comme Initiatives Terres de Vaucluse du côté d'Avignon.
Intermade propose plusieurs programmes d'accompagnement aux porteurs de projets, de l'amorçage à la couveuse (12 mois), en passant par Starter (3 mois) dont la vocation est de tester la faisabilité d'un projet. Entre les murs d'Intermade, se croisent des projets très divers. « Nous avons deux thématiques principales qui sont en fait assez larges, explique Violette Kelberine-Pérès, responsable animation de territoire chargée d'accompagnement au sein de l'incubateur. La première, c'est se loger : habiter et vivre ensemble. La seconde c'est se nourrir : le corps et l'esprit ».
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Des thématiques sur lesquelles affluent les porteurs de projets, ou plutôt de solutions. Car s'il est un trait caractéristique des créateurs qui foulent le sol d'Intermade, c'est leur volonté d'apporter des solutions concrètes à des problèmes qui le sont tout autant. C'est le cas de Julie Nicol, qui a rejoint Intermade dans le cadre de la création marseillaise de son antenne de Toit à moi, association nantaise qui achète, grâce au financement participatif, des logements qui sont ensuite mis à disposition de personnes sans domicile. Ces dernières bénéficient en outre d'un accompagnement complet dans les tous aspects de leur vie, avec la constitution d'un chaleureux réseau de personnes pour les entourer. « Ici, témoigne la jeune femme, je suis venue me former sur la structuration en association, les statuts, la création d'un budget, d'une matrice financière, la mesure d'impact ... ».
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