« Il existe peu de rôles modèles en Afrique », regrette Danièle Sassou Nguesso

Laurence Bottero
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Danièle Sassou Nguesso lors du 38ème sommet de l'Union africaine.
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Danièle Sassou Nguesso lors du 38ème sommet de l'Union africaine.
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La place des femmes dans la société est un sujet mondial et la journée du 8 mars comme les quotas qui poussent à une diversité et une mixité dans la vie économique et politique sont là pour rappeler que le combat n'est pas encore gagné.
Cela fait bien plus d'une décennie que Danièle Sassou Ngesso prêche pour donner aux femmes toute leur place dans la société africaine. Et ces dernières années, les progrès obtenus semblent énormes et ridicules à la fois. L'avancée, c'est l'adoption, par l'Union africaine voici quelques jours, de la convention sur l'élimination des violences faites aux femmes. Mais sur le terrain, dans la vie économique, sociale et politique, beaucoup reste à faire.
Et cela se mesure au quotidien, rappelle Danièle Sassou Nguesso, car c'est tous les jours que les violences sont faites aux femmes, de différentes façons, physiquement mais aussi économiquement. En Afrique, les femmes ne possèdent pas, pour la grande majorité, de droits fonciers. Une situation qui semble ubuesque mais qui constitue surtout un véritable frein pour passer de ce que l'on nomme l'économie informelle à une économie formelle. Avec son corollaire, l'empêchement de prétendre à des aides financières. C'est pour contourner cette inégalité que la Fondation Sounga voit le jour en 2015, lançant en 2019 un incubateur Sounga Nga, dédié à l'accompagnement de projets. Un premier pied à l'étrier qui ouvre les portes du monde économique national, africain, mais aussi international à des porteuses de projets, nombreux ayant trouvé une expansion à l'export. En 2024, l'incubateur a ainsi accompagné 17 projets. Au total plus de 60 entreprises sont ainsi devenues pérennes. Dès ce mois de mai, une tournée s'organise dans dix pays africains et l'objectif est également de toucher la diaspora en France et en Europe.
En Afrique comme en France, la notion de quotas a vocation à faire changer les mentalités. La loi impose par exemple 30% de sièges aux Parlements nationaux, mais « la loi adoptée n'a aucun caractère coercitif », déplore Danièle Sassou Nguesso. « Il faut des processus de changement de mentalités. L'un des vecteurs du changement, c'est l'éducation ». Le 8 mars justement, est davantage « une journée de commémoration. Faisons-en une journée d'action », exhorte-t-elle.
Laurence Bottero