Taxes Trump : « Si d'autres marchés s'ouvrent, ils ne compenseront pas les États-Unis »

Laurence Bottero
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Sa présence au salon international des agrumes qui s'est tenu à Menton durant trois jours et dont il a été le parrain n'aurait pu trouver meilleur calendrier, deux jours après l'annonce des hausses des droits de douane par le président des Etats-Unis et alors que la Chine a rapidement riposté. Guillaume Gomez, qui est l'ambassadeur de France pour la gastronomie, l'alimentation et les arts culinaires, dit certes son inquiétude - « les Etats-Unis sont le premier partenaire commercial de la France - comme du reste du monde, d'ailleurs » - mais dessine aussi les pistes que la France devrait prendre pour, à son tour, répondre à la stratégie de Donald Trump.
LA TRIBUNE - La hausse des droits de douane vous préoccupe-t-elle ?
GUILLAUME GOMEZ - Les enjeux sont importants, car derrière ce conflit économique, ce sont des femmes et des hommes qui sont concernés, des territoires aussi. Cette hausse, nous l'avions vu venir. Certains vignerons d'ailleurs, ont anticipé en faisant parvenir des stocks plus importants aux Etats-Unis, ce qui déjà, entraîne des coûts supplémentaires, y compris parce que certains transporteurs en profitent. Mais en envoyant davantage de stocks outre-Atlantique, c'est toute une partie du travail qui ne se fait pas, comme l'embouteillage, par exemple. Tout cela a des conséquences immédiates sur les territoires. La France, ce n'est pas un chiffre sur un grand tableau Excel, ce sont des femmes et des hommes.
D'autres marchés peuvent-ils devenir des nouveaux débouchés pour les produits français ?
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C'est un enjeu important. Pour le cognac par exemple, il n'est produit qu'à Cognac et 90 % de la production est exportée. D'autres marchés s'ouvriront pour le fromage, la viande, les fruits et légumes, ainsi que pour notre industrie des arts de la table. Même si d'autres marchés s'ouvrent, ils ne pourront compenser au même niveau les Etats-Unis, qui représentent de gros volumes et des points de marge pour nos exportateurs. L'Australie, l'Amérique du Sud, le Canada sont des marchés qui pourront nous aider. Mais le nouvel enjeu est de savoir si d'autres pays joueront avec nous la carte de la solidarité.
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