Transmission d'entreprise : l'option coopérative
Maëva Gardet-Pizzo
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« Ce sont avant tout des entreprises, des SA ou des SARL, qui choisissent en interne d'appliquer des règles différentes ». C'est ainsi que Serge Guintoli, directeur de l'Union régionale des Scop et des Scic en Provence-Alpes-Côte d'Azur et Corse définit ce que sont les sociétés coopératives de production (Scop) et les sociétés coopératives d'intérêt collectif (Scic).
« Dans la Scop, le capital est détenu par les salariés qui votent selon le principe « une personne = une voix », quelle que soit leur participation au capital ». Ce qui ne signifie évidemment pas l'absence de hiérarchie. « Mais c'est une hiérarchie choisie, avec une gouvernance partagée. Les associés vont voter pour leur dirigeant tous les quatre ans. Et l'animation va se faire sur la base d'une contrat de confiance entre les salariés associés et leurs dirigeants, pour porter le projet coopératif qui les lie ».
Quant à la Scic, « c'est une société qui organise sa gouvernance entre plusieurs parties prenantes pour porter un projet de territoire, un projet d'animation au service d'une vision collective. On trouve par exemple des Scic qui travaillent sur la préservation de foncier agricole ».
En Provence-Alpes-Côte d'Azur et en Corse, on recensait en 2021 plus de 323 Scop et Scic, soit 3300 salariés, dont 71% sont sociétaires. Cette même année, elles ont réalisé un chiffre d'affaires de 238 millions d'euros.
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Parmi les plus connues sur le territoire : Scop-Ti, reprise par les salariés de Fralib. Mais aussi la Scic coopérative de Presse et de Messagerie Méditerranéenne, issue de la reprise de leur entreprise par les ex-salariés de Presstalis. On trouve aussi des Scop industrielles comme Atem qui opère dans la maintenance industrielle. « Historiquement, les Scop se sont beaucoup développées dans le BTP et l'industrie. Peut-être un héritage du compagnonnage. Mais depuis plusieurs années, on assiste à un glissement vers le secteur tertiaire », observe Serge Guintoli. « Les Scic, dont la forme est plus récente, se retrouvent dans tous les secteurs tant qu'il y a un intérêt pour le territoire et un projet d'utilité sociale qui agrège plusieurs parties prenantes, notamment des collectivités locales qui ont la possibilité d'en être les associées ». En Corse, la gestion des eaux Orezza a ainsi récemment donné lieu à la création d'une Scic impliquant salariés et communes concernées.
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