Dix ans après la reprise, la Scop des ex-Fralib tient bon
Maëva Gardet-Pizzo
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
Maëva Gardet-Pizzo
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
« Aucun boulon ne sortira de cette usine », lance, en mai 2012, Olivier Leberquier, technicien de maintenance chez Frablib et délégué syndical. À cette époque, l'heure est à la mobilisation alors que l'américain Unilever a annoncé, deux ans plus tôt, la délocalisation de l'usine en Pologne. Dans l'usine, beaucoup de salariés, venus d'autres régions et marqués par des plans sociaux passés, refusent d'en revivre un. Faute de repreneur, ils choisissent en 2014 de reprendre l'entreprise en la transformant en Scop, baptisée Scop-Ti.
« Lorsque j'ai prononcé cette phrase, c'était sur le coup de la colère », reconnaît aujourd'hui Olivier Leberquier. « Je n'avais pas imaginé tout ce qui se passerait ensuite ». Il n'avait pas imaginé que dix ans plus tard, les boulons seraient toujours bien en place. Et que 58 coopérateurs dont 32 salariés continueraient de faire tourner l'usine, entourés d'une « armée de bénévoles », comme l'explique Nasserdine Aissaoui, ancien de Fralib désormais responsable du site de vente en ligne.
Sur les chaînes de production, plus de thés Lipton ni d'infusions Éléphant. « 85% de notre activité consiste en de la fabrication pour les marques distributeurs de la grande distribution, soit 58% de notre chiffre d'affaires. Le reste provient de notre marque propre, 1336 », référence au nombre de jours de lutte qu'il a fallu jusqu'à la reprise en Scop.
Un double débouché qui permet à la coopérative d'atteindre l'équilibre en 2020, avant de vivre les années difficiles du Covid-19 et de l'inflation. Elle doit aussi éponger la dette laissée par Unilever. « Notre but était d'abord de préserver l'emploi. Nous étions 72 salariés alors que nous n'avions, initialement, besoin que d'une dizaine pour faire tourner l'usine ».
À lire également
L'année des dix ans est aussi celle du rebond, avec un chiffre d'affaires en croissance de 30% à 35% sur un an et un amoindrissement des charges : « Un collectif de mutuelles s'est formé pour racheter notre terrain et nous le louer à un prix très raisonnable ».
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Maëva Gardet-Pizzo