Laurent Saint-Martin, le ministre délégué chargé du Commerce extérieur et des Français de l'étranger, a ouvert le cahier des doléances des entreprises héraultaises ce 17 juillet, lors d'un déplacement à Sète. Une visite qui s'inscrit dans le cadre des Assises de la politique commerciale lancées le 18 mars dernier, mais aussi dans le contexte d'un commerce international très tendu, notamment autour des négociations entre l'Europe et les États-Unis sur l'augmentation des droits de douane.
Après avoir visité le port de Sète, le ministre est allé à la rencontre d'une trentaine de chefs d'entreprise d'Occitanie, l'une des rares régions françaises affichant un excédent commercial.
«Nous avons enregistré 50 milliards d'euros d'exportations en 2024 grâce à l'aéronautique, le spatial, la santé, les nouvelles technologies, l'agroalimentaire, le numérique ou l'environnement, soit 12 milliards d'euros d'excédent commercial. Ce qui fait de l'Occitanie la première région exportatrice nette en France, avec 10 000 entreprises exportatrices, dont la moitié sont des PME», rappelle Jalil Benabdillah, le vice-président à l'Economie de la Région Occitanie.
Le décor est planté, mais il présente un revers de médaille : des performances à l'export qui exposent particulièrement l'économie régionale aux aléas internationaux.
« Le contexte international rebat les cartes et nous avons besoin de comprendre à quoi va ressembler le monde de demain et comment anticiper sans subir,martèle le ministre.La commission européenne est en négociations à Washington actuellement en vue d'un accord qui doit être le plus équilibré possible au 1er août. Trump a décidé de ne plus respecter les règles du jeu de l'OMC et d'appliquer la loi du plus fort. Un accord ne sera acceptable que s'il y a un relèvement faible des droits de douanes, autour de 10 %, et des exemptions claires sur certains secteurs comme l'aéronautique, les vins et spiritueux, la santé, les dispositifs médicaux ».
L'Europe prépare sa contre-offensive, avec un paquet de 72 milliards de contre-mesures sur des produits américains qui pourrait être actionnées le 1er août faute d'accord, voire un « bazooka économique », outil juridique de dissuasion massive qu'elle n'a encore jamais dégainé mais qui lui permettrait notamment d'interdire l'accès aux marchés publics européens ou les investissements étrangers et d'instaurer des taxes dans les droits de douane sur des produits importés depuis les États-Unis. Laurent Saint-Martin pondère : « L'Europe doit savoir se défendre dans cette bataille du commerce et montrer des mesures de rétorsion, même s'il ne faut pas le souhaiter. On est dans un rapport de force violent et il n'y aura pas d'arrêt si on ne met pas de bouclier ! C'est anxiogène car on crée un risque d'escalade, mais il faut qu'on en termine car cela crée de l'attentisme ».