Après avoir été à la traîne au niveau européen, la France a pris le leadership mondial en terme de croissance de son parc de méthaniseurs, avec quelque 2 000 installations dont 750 qui valorisent le gaz par injection sur les réseaux (au profit des installations de cogénération). Ce procédé, qui transforme la matière organique en digestat et en gaz, est particulièrement prisé du secteur agricole, qui voit là un relai de croissance face à la pression des prix des céréales ou de la viande, et à l'augmentation des coûts des intrants chimiques, tout en s'inscrivant dans la transition énergétique. 82 % des installations sont d'ailleurs à gouvernance agricole, les autres étant des unités traitant déchets ménagers, eaux usées ou coproduits de l'agroalimentaire.
Malgré les recommandations du régulateur de l'énergie (la CRE, commission de régulation de l'énergie) qui juge trop élevée la rentabilité d'une majorité de méthaniseurs et recommande donc d'ajuster à la baisse le cadre tarifaire de soutien de la filière, cette croissance exponentielle ne semble pas prête de s'arrêter.
« Quels que soient les scénarii, la filière, qui produit actuellement 20 térawattheures (TWh), devrait atteindre les 100 à 150 TWH à horizon 2050 »,estimeJérémie Priarollo, directeur adjoint et responsable Méthanisation chez Solagro, association visant à ouvrir d'autres voies pour l'énergie et l'agriculture.
Il existe néanmoins de très fortes disparités territoriales dans l'avancement de la filière, la Nouvelle-Aquitaine se positionnant par exemple dans le top 4 des régions les plus dynamiques alors que l'Occitanie arrive à l'avant-dernière place, juste devant PACA. L'Occitanie compte à ce jour une soixantaine d'installations, dont 22 méthaniseurs avec injection de biométhane, soit quatre fois moins que la moyenne nationale.