C'est une production qui est tombée en désuétude. Alors que dans les années 1950, la France produisait jusqu'à 13 000 tonnes de liège par an, cette production s'est réduite à peau de chagrin avec seulement 2 000 tonnes récoltées aujourd'hui sur le territoire français, principalement en Corse, dans le Var et dans le Roussillon.
Ce déclin n'est pas sans raison. Pour produire du liège, il faut s'armer de patience. La première récolte n'intervient que vingt ans après plantation et elle n'est pas qualitative. Il faut encore patienter au moins douze ans après cette première levée de liège, pour obtenir la qualité exigée pour la fabrication des bouchons. Qui plus est, la levée du liège est un travail d'expert, qui nécessite une formation de trois ans.
Néanmoins, l'entreprise catalane, numéro deux mondial des bouchons liège, mise sur la relance de cette filière de production française, comme l'explique Eric Feunteun, son directeur général : « Aujourd'hui, la France ne représente qu'1 % de la production mondiale de liège. Pourtant, nous avons de la demande pour des bouchons en liège français. Nos clients vignerons sont désireux de se fournir localement et de contribuer à développer une économie territoriale. Qui plus est, dans un contexte de réchauffement climatique, la suberaie (forêt de chênes-liège, NDLR) est un bon moyen de protection contre les incendies. C'est également une bonne alternative aux friches qui s'étendent suite à l'arrachage du vignoble ».