La mer Méditerranée abrite une biodiversité de 17 000 espèces dont 28 % d'espèces endémiques, ainsi que des habitats remarquables comme les herbiers de Posidonie ou les récifs coralligènes, essentiels à la reproduction des espèces, la protection des côtes contre l'érosion et la lutte contre le changement climatique par stockage de carbone. Mais ces écosystèmes marins subissent de plein fouet les effets du changement climatique qui augmente la température de l'air et de l'eau.
En juin dernier à Nice, la Conférence des Nations Unies sur l'Océan (UNOC) a d'ailleurs souligné cette extrême fragilité et l'urgence d'une meilleure protection. Notamment celle des habitats côtiers, véritables nurseries à poissons largement endommagées par l'artificialisation du littoral. Selon le dernier décompte de l'organisme MEDAM (Côtes Méditerranéennes françaises, inventaire et impact des Aménagements gagnés sur le domaine marin), 221 kilomètres de côte naturelle ont été artificialisés (dont 109 km de ports) dans les régions Sud (Provence-Alpes-Côte d'Azur), Occitanie et Corse. À quoi s'ajoutent la pollution, le mouillage des bateaux ou les déchets plastiques.
L'agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse fait néanmoins état « d'importants investissements qui ont déjà permis d'améliorer l'état des eaux », notamment par des actions de lutte contre les pollutions venant de la terre, dont la gestion des eaux pluviales ou des eaux usées. Évoquant « une dynamique positive de reconquête de la mer », Nicolas Mourlon, son directeur général, relate « des sujets de satisfaction » : « 95% des eaux côtières sont en bon état chimique et 90 % des eaux de baignade de bonne qualité ». Mais le constat est moins favorable pour les habitats côtiers.