Accord post-Brexit : la Grande-Bretagne réclame l'accès aux financements européens prévus pour la recherche scientifique
Maxime Heuze
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Les projets scientifiques demandent des financements dépassant régulièrement le million d'euros.
Benoit Rajau pour Sanofi
Un accord post-Brexit signé en 2020 entre l’Union européenne et le Royaume-Uni prévoit que le secteur de la recherche britannique continue d'avoir accès aux programmes européens. Or, les scientifiques britanniques n'ont toujours pas accès à ces financements de l'UE. Ce gel des fonds européens est dénoncé par le gouvernement britannique. Et pour cause. Ces subventions sont cruciales pour nombre de projets de recherche scientifiques et de chercheurs. Explications.
Les scientifiques britanniques tirent la langue. Le Brexit les a coupés de l'Union européenne et de ses financements. Or, un accord de coopération et de commerce entre l'Union européenne et le Royaume-Uni signé le 24 décembre 2020, prévoyait que les scientifiques et organismes de recherche britanniques puissent encore bénéficier des subsides prévues dans les programmes de recherche européens. Mais depuis près de deux ans, la bureaucratie bruxelloise post-Brexit prenant du temps, les financements de l'UE vers son ex-membre sont pour l'instant gelés, a-t-on appris auprès d'un communiqué du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche mis à jour le 1er septembre 2022.
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C'est donc dans l'optique de débloquer cette situation - et les crédits européens - que le secrétaire d'Etat britannique pour l'Europe Leo Docherty a demandé un accès aux programmes de recherche de l'UE, lors de l'Assemblée parlementaire de partenariat entre l'Union et le Royaume-Uni qui se tient à Londres ce lundi et mardi pour discuter des nouvelles relations entre le continent et l'île.
Car ces fonds européens dédiés à la recherche sont parfois colossaux. Le plus gros en date, « Horizon Europe », a été initié en 2021 avec un budget de 95,5 milliards d'euros destiné à financer la recherche européenne entre 2021 et 2027. Un programme alléchant dont les Britanniques sont pour l'instant privés. « La participation du Royaume-Uni serait du gagnant-gagnant pour le Royaume-Uni et l'UE, mais le Royaume-Uni ne peut pas attendre plus longtemps », a revendiqué le secrétaire d'Etat britannique pour l'Europe, dans un discours transmis à l'AFP.
D'abord, Horizon Europe affiche tout un panel de financements des scientifiques et des projets de recherche au travers de quatre piliers : « Sciences d'excellence » de 25 milliards d'euros, « Problématiques mondiales et compétitivité industrielle européenne » de 53,5 milliards d'euros, « Europe innovante » de 13,6 milliards d'euros et un pilier transversal dédié à l'attractivité des talents en Europe doté de 2 milliards d'euros. Au final, « les activités financées sont très larges. Cela va du plus simple projet de recherche post-doctorat, où un seul chercheur demande un ou deux millions d'euros pour un projet, jusqu'à des choses très structurantes comme le financement de consortiums de scientifiques avec la collaboration de plusieurs scientifiques européens qui peuvent demander plusieurs dizaines de millions d'euros », explique à La Tribune Guillaume Fusai, responsable du pôle relation européenne de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).
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