Arnaques au « made in France » : que valent les contrôles diligentés par Bercy ?
Nathalie Jourdan
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Bruno Le Maire a promis 10.000 contrôles de "francisation" en 2024
DGCCRF
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Bruno Le Maire a promis 10.000 contrôles de "francisation" en 2024
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Depuis le 1er février, plus d'une centaine de grandes et moyennes surfaces installées en Normandie ont reçu la visite d'inspecteurs de la répression des fraudes, conformément aux directives prescrites au plan national par Bruno Le Maire. Objectif affiché : débusquer les aliments d'origine étrangère abusivement vendus comme étant « produits en France » pour naturellement sanctionner les contrevenants. Au regard du premier bilan, les limiers de la DGCCRF ne se sont pas déplacés pour rien.
La préfecture de région fait savoir à La Tribune qu'ils ont repéré l'affichage de logos des interprofessions « Le Porc Français » et « Volaille française » pour des produits transformés en France à partir de viandes d'origine étrangère et des tomates marocaines prétendument cultivées sous nos latitudes. Même chose pour des brownies, des pop corn ou du flan, tous flanqués du drapeau tricolore alors que seuls « quelques ingrédients » étaient issus de l'Hexagone. Il est également fait mention de différences entre l'affichage de l'origine sur le site de drives et les lieux de retrait ou de stockage. Autant de pratiques formellement proscrites.
En un peu plus de trois semaines, les enquêteurs normands ont ainsi dressé pas moins de 38 procès-verbaux, 29 avertissements et 2 injonctions. « Le taux de suites répressives est très élevé », indiquent les services préfectoraux sans donner plus de détails sur la nature des dites suites couvertes par « le secret de l'enquête et le secret professionnel ». Mais faut-il croire qu'elles relèvent toutes de tromperies délibérées ? A cette question, la patronne de la direction départementale de la protection des populations (DDPP) de l'Eure répond par la négative. Dans ce département voisin de l'Ile-de-France, 35 inspections ont été diligentées dont 71% ont fait l'objet soit d'un PV, soit d'un avertissement.
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Malgré ce taux élevé, Anne-Marie Griffon met en garde contre une analyse trop hâtive. « Je me refuse à faire le procès de tous les commerçants qui sont souvent sincères », tempère t-elle. Pour la directrice de la DDPP, la plupart des défauts constatés ne relèvent pas de l'intentionnalité « A date, les contrôles dans l'Eure ont principalement révélé des problèmes d'organisation qui peuvent être dus à la négligence de salariés au moment de l'étiquetage », précise t-elle.
Nathalie Jourdan