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Trop cher, le « Made in France » séduit de moins en moins la direction des achats des entreprises

latribune.fr

Publié le 16 janvier 2024 à 07:19 - Mis à jour le 16 janvier 2024 à 13:27

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Le Made in France comme critère d'attribution d'une commande par les directions des achats des entreprises est en baisse significative. Le retour à la normale des approvisionnements, selon une étude, en est la cause principale.

Le « Made in France » a du plomb dans l'aile. D'après l'étude annuelle du cabinet AgileBuyer et du Conseil national des achats (CNA), composé de responsables d'achats, ce critère d'attribution d'une commande par les directions des achats est passé de 61% en 2022 et 65% en 2023 à 47% pour 2024, tombé au même niveau qu'en 2021. Il reste néanmoins un critère important pour les commandes dans le luxe et la mode (71%).

A LIRE AUSSI

Pour ou contre : la commande publique doit-elle privilégier le « made in France » ? (Gabriel Colletis face à Elie Cohen)

Un coût trop important

Pour 22% des répondants, le coût est trop important (17% en 2023). Dernier exemple concret : les fèves « made in France » restent marginales dans les galettes des rois en janvier. Selon le témoignage d'un boulanger, choisir « une belle fève française à un coût ». 9.000 fèves commandées cette année, il a dû débourser environ 90 centimes la fève, contre « une vingtaine de centimes » pour celles importées depuis l'Asie. Le secteur le plus concerné est de loin celui de l'informatique et des télécoms (88%).

LeMade in Franceagirait comme une «valeur refuge» estime Olivier Wajnsztok, directeur associé d'AgileBuyer, et la «normalisation» des approvisionnements, malgré notamment la poursuite de la guerre en Ukraine, fait diminuer son intérêt comme «solution anti-rupture d'approvisionnement».

Plus généralement, 70% des entreprises pensent que les crises géopolitiques auront un impact sur leur stratégie d'achats en 2024. C'est le cas pour 100% des répondants de la communication et des médias, 96% de ceux de l'automobile, 87% des entreprises du secteur pharmacie-santé-cosmétologie et 86% de celles de la défense.

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Taïwan : premières représailles de Pékin et ses alliés, deux jours après la victoire des indépendantistes à la présidence

La peur de faire face à des situations de cartels

Parmi d'autres risques redoutés, plus de la moitié (56%) des directions des achats craignent de faire face à des situations de cartels entre leurs fournisseurs d'une même famille d'achats. La complexité d'une situation de cartel « est qu'elle est difficile à établir, donc difficile à contrer. C'est un poison silencieux », relève Olivier Wajnsztok. L'entente illicite, rappelle l'étude, est une pratique concertée entre plusieurs entreprises pour fausser le libre jeu de la concurrence sur un marché. Le secteur le plus touché, selon l'étude, est celui de l'immobilier et du BTP (à 81%), suivi de l'énergie-environnement (à 71%), de l'aéronautique-défense et de l'automobile (à égalité à 70%).

Une autre problématique majeure des directions des achats est de sortir de la dépendance à la Chine, en raison de craintes liées au contexte géopolitique actuel : la moitié (51%) des entreprises veulent diminuer cette dépendance, sans pour autant en sortir totalement.

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Inaccessible pour de nombreux consommateurs

Le « Made in France » peut, aussi, se révéler trop cher pour les particuliers, décourageant les entreprises de miser dessus. En novembre, à Paris, Lors du dernier salon qui lui était consacré, Guillaume Gibault, fondateur du Slip Français, a ainsi lancé une pétition pour « la mise en place d'un cadre économique en faveur des entreprises fabriquant en France », du fait que « tout le monde ne peut pas encore se permettre » d'acheter du « Made in France ».

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  • Luxe : J.M. Weston, un exemple made in France depuis 1891
  • Réindustrialisation : la commande publique doit-elle favoriser le « made in France » ?

De son côté, la présidente de La Gentle Factory, Christèle Merter, présidente de la marque La Gentle Factory, estimait que « si le gouvernement veut soutenir la fabrication française, il y a tout intérêt à ce que nous vendions sur une TVA réduite ». Un double avantage, selon elle, qui, « pourrait permettre de réduire le prix d'achat pour les clients, sans que nous ayons besoin de rogner nos marges ».

(Avec AFP)

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