Cet armateur breton qui disrupte le transport maritime
Nathalie Jourdan à Rouen
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Les voiliers cargos de Towt.
Towt
Nathalie Jourdan à Rouen
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Les voiliers cargos de Towt.
Towt
A terre, on appelle cela « prendre un virage », en mer, « tirer un bord ». Dans son cas, la manœuvre promet d'être décisive. L'armateur breton Towt, qui s'est fait connaître en armant de vieux gréements pour le transport de marchandises, a lancé le 4 mai un appel à manifestation d'intérêt européen pour la construction du premier des quatre voiliers-cargo dont son fondateur, Guillaume Le Grand, un ancien trader de la City reconverti dans la marine, rêve depuis plusieurs années. « La commande sera passée en octobre, nous avons sécurisé des volumes de marchandises suffisants pour financer les deux premiers », assure l'intéressé.
Sur le papier, le projet ne manque pas d'allure. Lointain héritier du Santa Maria de Christophe Colomb, le navire mesurera 70 mètres et croisera à une vitesse moyenne de 12 nœuds. Ses cales pourront embarquer jusqu'à mille tonnes, vingt fois la capacité d'emport des goélettes que la compagne affrète, aujourd'hui, sur les routes transatlantiques pour transporter d'Ouest en Est du rhum, du café ou du cacao bio et dans l'autre sens des spiritueux, du champagne ou des parfums. « Ce bateau va nous faire passer d'un artisanat quasi-anachronique à une échelle industrielle », pronostique Guillaume Le Grand.
Comme les suivants, l'esquif futuriste aura pour camp de base le Grand Port Maritime du Havre avec qui la compagnie a signé un accord commercial. A la clef, une réduction de moitié du montant des droits de ports. « C'est une manière de matérialiser notre capacité à anticiper les enjeux du futur », justifie le directeur du GPMH. Plus habitué à frayer avec les immenses porte-conteneurs qui escalent sur ses terminaux, Baptiste Maurand avoue avoir été séduit par le projet : « Il est tout sauf utopique ou hors du temps. 90 % des produits que nous consommons passent par la mer. Si l'on veut réduire leur empreinte carbone, la propulsion vélique, le moyen le plus propre d'acheminer des marchandises, a forcément un bel avenir ».
Nathalie Jourdan à Rouen
Dans un contexte incertain, la Banque de France réduit encore sa prévision de croissance
Aix-Marseille-Provence : le budget de la discorde
Consommation en berne : les Français se serrent la ceinture malgré l’inflation au ralenti en 2025
En Bourgogne-Franche-Comté, l’entrepreneuriat de proximité s’impose comme un levier fragile de revitalisation