Comment le gouvernement espère flécher l'épargne vers la défense

Fanny Guinochet
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LTD/MIGUEL MEDINA / AFP

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Financer la sécurité européenne et nos efforts de défense : c'est l'objectif de la réunion prévue ce jeudi par le ministre de l'Economie Eric Lombard. Industriels et banquiers sont invités à travailler ensemble. Reste à savoir le montant des fonds mobilisables.
Selon plusieurs sources, l'addition ne sera pas si élevée. Le gouvernement le rappelle : la France ne part pas de zéro. Elle a déjà acté une trajectoire en hausse des budgets de défense, inscrite dans la loi de programmation militaire, la LPM. 68 milliards d'euros seront consacrés à la défense à horizon 2030 contre 50,5 milliards cette année.
Le montant des crédits inscrits dans cette LPM sera toutefois revu, à l'aune de la nouvelle donne géopolitique, comme l'a demandé le chef de l'Etat : "un travail d'actualisation doit être mené", a t il assuré ce week-end.
Une chose est sûre : pour le seul financement des PME du secteur, le gouvernement espère mobiliser entre 3 et 5 milliards d'euros. L'objectif est d'aider ces entreprises, souvent plus endettées, qui travaillent comme sous-traitants des grands groupes d'armement et de défense.
Pour les soutenir, les acteurs privés sont appelés à la rescousse. Les banques, contraintes par des critères ESG, sont encore trop souvent réticentes à les financer. Ce sont ces freins que l'exécutif entend lever. « Jeudi, on aura à coeur de dire à nos industriels : le monde économique et de la finance vous soutiennent », explique une source ministérielle.
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S'agissant de l'épargne des Français, le ministre de l'Economie ne cesse de répéter que "rien ne sera obligatoire". La Caisse des dépôts et consignations, qui gère presque 60% des encours du livret A (soit 440 milliards d'euros), consacre la moitié de cette somme aux collectivités et au logement social. Aucun euro ne leur sera retiré. L'autre moitié est placée sur les marchés, et contribue déjà à soutenir nos fleurons tricolores comme Safran, Thales, ou Airbus.. C'est dans cette seconde moitié que le gouvernement entend mobiliser des ressources complémentaires pour financer les infrastructures de défense, comme la construction de casernes de gendarmerie. Il n'est pas question, en revanche, de mobiliser cette épargne pour les matériels d'armement (missiles, etc).
Fanny Guinochet