Carnet de commandes plein et perspectives radieuses : y a-t-il une "bulle" aéronautique ?

Propos recueillis par Sophie Arutunian
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Vous évoquez un secteur économique aux perspectives "remarquables", pourquoi ?
Tous les déterminants du secteur sont au vert, en premier lieu le trafic aérien mondial qui est la donnée clé du secteur. La demande de transport augmente entre 4 et 6 % par an avec des prévisions stables pour 20 ans, ce qui est remarquable. Peu de secteurs de l'économie ont de telles perspectives. Cela s'explique par des phénomènes démographiques dans les pays émergents (Chine, Inde, Indonésie), dont les classes moyennes ont désormais accès au transport par avion. Pendant ce temps, le prix des billets décroît (baisse de 47 % entre 1990 et 2015). En 2016, au moins un habitant sur 4 dans les pays émergents a voyagé en avion. On passera à 75 % en 2035 (soit 3 sur 4).
La question n'est finalement pas de savoir s'il y aura de la croissance mais qui la captera. Alors ?
Sur le segment des constructeurs, il y a un duopole Boeing / Airbus dont l'avenir s'annonce brillant avec 35 155 avions à construire dans les vingt ans qui viennent et un carnet de commandes qui représente 9,5 années de production. L'enjeu sera donc de gérer les ramp-up de production plutôt que d'aller trouver du chiffre d'affaires.
Idem du côté des compagnies aériennes, à la différence qu'elles font face à un univers concurrentiel beaucoup plus important. Il y aura donc une guerre pour capter le chiffre d'affaires et l'élément de différenciation sera le confort dans les cabines. Cela signifie que seuls les acteurs qui auront les moyens d'investir massivement dans des univers de cabines plus ergonomiques et connectés s'en sortiront. À l'heure actuelle, dans les grandes majors (Air France KLM, British Airways et autre Lufthansa), aucune compagnie ne paraît en situation de faiblesse. Les compagnies du Golfe semblent quant à elle disposer de moyens quasi-infinis pour investir.
Au cours des dix prochaines années, la production d'avions commerciaux devrait afficher une progression prononcée d'environ 29,3 % et de plus de 62,2 % à horizon 2035
Propos recueillis par Sophie Arutunian
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