Perspectives de croissance : petite éclaircie dans un horizon encore incertain pour l’Afrique subsaharienne
Aboubacar Yacouba Barma
Aboubacar Yacouba Barma
Dans une économie mondiale qui affiche des signes de reprise encore plus vigoureux que ceux anticipés il y a quelques mois, la croissance africaine continue à retrouver progressivement son dynamisme. C'est ce que laisse transparaître les dernières projections de croissance actualisées du FMI, rendues publiques ce lundi 24 juillet.
Pour l'Afrique subsaharienne, les perspectives ont été légèrement modifiées par rapport à l'édition d'avril dernier, et si le taux de croissance a été maintenu à 2,7% cette année, le FMI s'attend à un rythme de 3,5% en 2018. De l'éclaircie à l'horizon donc, même si ces prévisions cachent certaines disparités, notamment l'absence d'un véritable impact dans le vécu quotidien des habitants.
D'après le FMI, la légère révision à la hausse pour 2017 par rapport à l'édition d'avril 2017 des Perspectives économiques mondiales (PEM) tient à une modeste amélioration des perspectives de croissance pour l'Afrique du Sud qui enregistre une récolte exceptionnelle grâce à une meilleure pluviométrie et à une augmentation de la production minière, elle-même attribuable à un rebond modéré des cours des produits de base. Cependant, tempère la même source, «les perspectives de l'Afrique du Sud demeurent délicates, vu la grande incertitude politique et la faiblesse de la confiance des consommateurs et des entreprises. De ce fait, les prévisions de croissance du pays ont été revues à la baisse pour 2018». Avec des prévisions de 1% de croissance cette année, l'Afrique du Sud devrait enregistrer une progression de la croissance de son PIB de 1,2% en 2018.
L'autre grande puissance économique du Continent, le Nigéria, poursuit également son rattrapage. La croissance ne sera que 0,8% cette année et de devrait se hisser à 1,9% en 2018, éloignant ainsi le pays du spectre d'une longue période de récession.
Dans l'ensemble, le FMI prévoit une accélération de la croissance économique mondiale de 3,5% cette année, soit 0,3 point de plus que 2016. En 2018, elle devrait atteindre 3,6%, ce qui confirme la reprise projetée en début d'année.
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Selon le FMI, si ces projections restent de manière générale inchangées, elles masquent toutefois des différences entre pays. Aux États-Unis par exemple, la croissance devrait être inférieure aux prévisions d'avril, en raison essentiellement de l'hypothèse que la politique budgétaire sera moins expansionniste que prévu. «La croissance a été revue à la hausse pour le Japon et surtout pour la zone euro, où les surprises positives de l'activité à la fin 2016 et au début 2017 laissent entrevoir une solide dynamique», relève le FMI qui a également revu à la hausse les prévisions pour la croissance chinoise en raison de la vigueur du premier trimestre 2017 et du maintien prévu de l'accompagnement budgétaire.
La reprise avec plus de vigueur de la croissance -et donc de la production- dans la zone euro et surtout en Chine est un bon signe pour l'économie africaine, puisque ces derniers sont des partenaires commerciaux de premier rang. En Chine, premier client du Continent, le taux de croissance de la Chine devrait se maintenir à 6,7% en 2017, comme en 2016, puis enregistrer un modeste tassement en 2018 pour se situer à 6,4% anticipe le FMI.
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Il reste que ces perspectives, de plus en plus reluisantes, s'accompagnent encore de risques pour l'économie mondiale. En Afrique, les pays exportateurs de matières premières, notamment le pétrole, continueront à accuser le coup de la baisse des cours, ce qui maintient l'urgence de poursuivre l'effort de diversification économique.
Aboubacar Yacouba Barma