Cameroun : le FMI moins optimiste sur la croissance
Aboubacar Yacouba Barma
Aboubacar Yacouba Barma
C'est une révision à la baisse relativement insignifiante pour le pays qui affiche un taux de croissance attendu des plus dynamiques cette année particulièrement dans la zone CEMAC mais pour le gouvernement cela pourrait être de mauvais augures. A la fin d'une mission de passage de revue de l'évolution de la situation économique conformément à ce qui a été convenu dans le cadre du programme d'assistance financière, le FMI a rabaissé ses projections de croissance pour 2017 en ramenant le taux de 4 à 3,7%. Parallèlement, les 4,5% estimées initialement pour 2016 ont été ramenés à 4,5%. En cours de route, le Fonds refroidit les ambitions du gouvernement qui espérait mieux surtout qu'on estime que le plus dur était déjà derrière. Selon le FMI, c'est la production de pétrole qui explique largement ce ralentissement alors que sur les marchés internationaux, les cours ne sont pas prêts de retrouver de la vigueur.
La mission dirigée par Corinne Deléchat, a séjourné à Yaoundé du 24 octobre au 3 novembre 2017, période durant laquelle elle a mené ses entretiens avec les principaux responsables gouvernementaux en charge des questions économiques ainsi que les autorités monétaires. Les échanges ont porté sur l'état de la mise en œuvre des engagements convenus lors de la première revue du programme appuyée par la facilité élargie de crédit (FEC), qui a été approuvée en juin dernier en faveur du Cameroun. « La mission a conclu un accord avec les autorités en ce qui concerne la politique économique et financière qui pourrait faciliter l'approbation de la première revue de leur programme triennal au titre de la FEC » a expliqué le chef de mission du FMI annonçant que l'examen de la première revue par le conseil d'administration du FMI est prévu à titre provisoire pour la mi-décembre 2017. La conclusion de la première revue permettrait un second décaissement de 82.8 millions de droits de tirage spéciaux (DTS) soit près de 116.3 millions de dollars.
Durant son séjour, la mission du FMI a également conclu un accord avec les autorités sur la politique économique et financière qui pourrait faciliter l'approbation de la première revue. « La mission et les autorités sont convenues de la nécessité de mettre en œuvre sans retard des mesures pour renforcer le secteur financier, améliorer le climat des affaires pour favoriser l'investissement du secteur privé et la diversification de l'économie, et atteindre une croissance plus inclusive » a précisé le Fonds dans un communiqué publié à l'issue du séjour de son équipe à Yaoundé.
Ce qui s'avère en réalité comme une mise en demeure pour le Cameroun d'accélérer la mise en œuvre des réformes structurelles dont certaines ont provoqué des résistances dans le pays notamment au sein du secteur privé en plus de leurs impacts socio-économiques. En cette veille d'année électorale au pays de Paul Biya et dans un climat politique et sécuritaire assez tendue, le gouvernement a certainement voulu rappeler le gouvernement à l'ordre sur la nécessité d'améliorer la cadence. « La croissance ralentit, principalement à cause de la baisse de la production de pétrole. Pour 2016, la croissance a été révisée légèrement à la baisse, de 4,7 % à 4,5 %. Pour 2017, la croissance devrait atteindre 3,7 %, tandis que l'inflation devrait rester faible, tombant à 0,5 % » estime le FMI dans ses actualisations. Le déficit budgétaire devrait de son coté diminuer comme prévu pour passer de 6,2 à 3,1 % du PIB en 2017 même si, ajoute la même source, les recettes pétrolières seront inférieures aux prévisions, ce qui sera compensé principalement par une baisse des dépenses courantes.
S'appuyant sur le projet de loi de finances 2018 qui prévoit une nouvelle réduction du déficit budgétaire, à 2,3 % du PIB, conformément aux objectifs établis dans le cadre de la FEC, le FMI relève que pour atteindre cet objectif, les autorités comptent mettre en œuvre « un ensemble de mesures visant à accroître les recettes en élargissant encore l'assiette de l'impôt, tout en continuant de rationaliser les dépenses publiques et d'en améliorer la qualité ».
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