Stoppé par la dissolution, le processus visant à doter la Corse d'un statut d'autonomie a repris son cours sur la base du texte issu des longues et chaotiques négociations entre les élus de l'île et Gérald Darmanin alors ministre de l'Intérieur en charge du dossier. Le projet de loi doit être examiné au Parlement au mois de juin avant que députés et sénateurs se réunissent en cas d'adoption en congrès à Versailles à la fin de l'année car l'autonomie passe par une inscription formelle dans la Constitution en tant que région spécifique au sein de la République.
C'est donc naturellement que la Corse politique, économique et sociale a reçu mercredi la visite d'une délégation de la Commission des lois de l'Assemblée nationale conduite par son président, issu de l'ex-majorité présidentielle, Florent Boudié. « Après avoir un moment disparu des radars, explique-t-il, l'évolution institutionnelle de l'île est à nouveau d'actualité »
De l'inégalité des chances avec les entreprises continentales
Le point d'orgue de la visite a été la rencontre mercredi avec les principaux acteurs économiques dans les locaux de la CCI de Corse à Bastia. L'institution est directement concernée par le processus d'autonomie car sa tutelle doit être transférée de l'État à la Collectivité de Corse pour laquelle elle accomplit l'essentiel de ses missions. Ce basculement, qui passe par une loi dont on espère l'adoption courant 2025, aura pour principal effet de pérenniser la maîtrise publique des six ports et des quatre aéroports internationaux en excluant définitivement toute mise en concurrence.