Corse : le torchon brûle avec l’Etat sur les aéroports et les ports
Jean-Marc Rafaelli
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Depuis la loi de 2002, la Collectivité de Corse a la maîtrise totale de ses transports et, à ce titre, est devenue propriétaire des infrastructures portuaires et aéroportuaires de l'île. L'enjeu économique est important : chaque année, ce sont plus de 8 millions de passagers et 3 millions de tonnes de marchandises qui transitent par elles. L'enjeu social ne l'est pas moins, puisque la CCI de Corse qui en a la gestion depuis cette date, recense 1.223 collaborateurs sans compter les quelque 5.000 emplois indirects.
En 2019, la loi PACTE prévoyait que la chambre consulaire devait passer de la tutelle de l'État à celle de la Collectivité de Corse. Mais la finalisation de cette évolution statutaire a été intégrée au processus dit de Beauvau engagé par le Président de la République pour doter la Corse d'un statut d'autonomie. La dissolution inattendue de l'Assemblée nationale a contrarié le calendrier.
La concession de l'exploitation des ports et des aéroports arrivant à expiration le 31 décembre prochain, il a fallu parer au plus pressé. Si rien n'était entrepris d'ici là, la Collectivité de Corse était dans l'obligation de lancer un appel d'offres qui aurait attiré des multinationales, comme c'est le cas dans de nombreux aéroports du Continent.
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Un scénario catastrophe pour le président du Conseil exécutif de Corse. « Il s'agit de concilier deux exigences essentielles : permettre à la CCI de continuer à travailler au service de l'intérêt général de la Corse et de son développement économique et social, et de pérenniser la maîtrise, par la puissance publique, de nos ports et aéroports qui sont les portes d'entrée de notre territoire. Ce n'est pas négociable » a souligné Gilles Simeoni qui s'exprimait ce jeudi à Ajaccio en prélude à l'Assemblée générale de la CCI de Corse convoquée en session extraordinaire pour adopter les statuts des deux Syndicats Mixtes Ouverts (SMO), un pour les ports et un pour les aéroports, créés pour justement permettre à l'institution consulaire de continuer à gérer ces concessions au nom de la Collectivité de Corse en attendant que la réforme initiale prévue par la loi PACTE aboutisse. Un dispositif de jonction qui a fait l'objet d'innombrables réunions de concertation avec les services de l'État et pour lequel Bruno Le Maire et Gérald Darmanin ont donné leur aval.
Jean-Marc Rafaelli