3e ligne de métro à Toulouse : pour financer le projet, Tisséo va emprunter

Sophie Arutunian

Sophie Arutunian
Lundi 25 juillet, le projet de troisième ligne de métro (Toulouse Aerospace Express, TAE) a franchi une étape importante avec la présentation à la presse de son plan de financement. Jean-Luc Moudenc, président de Toulouse Métropole, a évoqué "le projet transports le plus ambitieux de France après la région parisienne". La 3e ligne s'inscrit dans une feuille de route plus globale, le Projet Mobilités 2030, qui prévoit 3,8 milliards d'investissements. TAE absorbera 58 % de cette enveloppe. Les 42 % restants seront affectés notamment au doublement de la ligne A du métro, au téléphérique urbain, à l'amélioration de l'accessibilité, aux escalators et au renouvellement des bus.

Plusieurs dizaines de journalistes étaient présents à la conférence de presse sur le financement de la 3e ligne de métro le 25 juillet dans les locaux de Tisséo ©photo Rémi Benoit
SMTC-Tisséo financera le projet Mobilité 2030 à hauteur de 2,8 milliards d'euros. Pour réaliser un tel effort, la structure devra emprunter. Pour Sacha Briand, vice-président de Toulouse Métropole en charge des Finances, plusieurs emprunts seront réalisés, d'une plus ou moins longue durée, mais il évoque "en moyenne, un emprunt de 2,8 milliards sur 25 ans à des taux d'intérêt que nous estimons à 3,5 % mais que nous espérons faire baisser". Ainsi, des emprunts courte durée peuvent être contractés pour le remplacement de bus, mais des emprunts à plus long terme seront nécessaires pour le génie civil.
"La situation du SMTC est saine, il y a déjà plusieurs banques qui ont manifesté leur intérêt pour prêter de l'argent".

Sacha Briand a présenté le plan de financement ©photo Rémi Benoit
Mais pour rembourser les échéances, les collectivités membres de Tisséo vont devoir augmenter leurs contributions annuelles.
Comme le montre le graphique ci-dessous, la Région Occitanie s'est engagée à hauteur de 150 M€, et le Conseil départemental de la Haute-Garonne à hauteur de 201 M€ pour le Projet Mobilités 2030. Les programmes État et UE "pré-acquis"(150 M€) correspondent "aux financements que l'on obtiendra sans trop de difficultés", explique Sacha Briand.
En revanche, les 171 M€ correspondant aux "financements spécifiques de l'État, autres collectivités et optimisation" sont incertains :

Toulouse Métropole pourrait notamment demander aux communes de Blagnac et de Colomiers de mettre la main à la poche. "Aujourd'hui pour la Ville de Toulouse, les charges reversées pour les transports représentent 8% du produit fiscal. Dans ces deux communes, c'est seulement 1%. C'est normal car jusqu'à maintenant Blagnac et Colomiers n'avaient que des bus. Mais avec le métro, elles bénéficieront de transports 'lourds'. J'ouvre la discussion sur leur participation au financement."
TAE (28 kilomètres en tout) se divise en plusieurs tronçons :
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Une éventuelle connexion Ramonville-Labège (PLB), à laquelle Jean-Luc Moudenc a finalement donné son accord, est estimée à 180 M€ supplémentaires et sera prise en charge "par le Sicoval et ses partenaires".
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La possibilité d'une branche de métro allant à l'aéroport est à l'étude, mais devra faire l'objet d'un montage financier particulier (Jean-Luc Moudenc aimerait solliciter les actionnaires de l'aéroport Toulouse-Blagnac).
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