Comment la Safer veut dynamiser l'agriculture régionale

Paul Périé

Paul Périé
Alors que le nombre d'agriculteurs est en baisse constante, les Safer (Société d'aménagement foncier et d'établissement rural, NDLR) jouent un rôle important dans les installations de nouveaux exploitants. Un éléments essentiel pour maintenir la compétitivité d'un secteur dont l'activité - agriculture et agroalimentaire - représente aujourd'hui 13,7 milliards d'euros à l'échelle régionale. On compte actuellement 74 530 exploitations agricoles en Occitanie.
Sous le contrôle des ministères de l'Agriculture et des Finances, les Safer sont une sorte d'outil de contrôle et de régulation du foncier agricole. "La Safer s'appuie sur une observation privilégié du territoire", confirme Michel Baylac, président de la Safer Gascogne Haut-Languedoc (GHL), qui regroupe l'Ariège, le Gers, la Haute-Garonne et les Hautes-Pyrénées. En effet, au-delà de 25 ares, tout sous-seing privé (acte établi entre particuliers sans l'intervention d'un notaire par exemple, NDLR) est notifié aux Safer. Au travers de leur outil Vigifoncier, elles peuvent également informer les communes des transactions de terrain.
"Tout cela nous permet de voir s'il y a des abus en termes de prix ou un trop grande concentration de terrains par des sociétés privés", explique Michel Baylac, par ailleurs président de l'Association européenne des institutions d'aménagement rural (AEIAR).
Selon lui, il faut "maintenir un prix qui a une relation avec la valeur économique du terrain afin que les jeunes puissent acquérir. Qu'il n'y ait pas de spéculation." En 2015, les prix du foncier agricole libre de fermage ont progressé entre 2 % et 9 % selon les départements de la Safer GHL.
La loi Sapin II a renforcé les prérogatives des Safer en leur permettant, entre autres, d'acquérir des exploitations ou des terrains dans le but de les rétrocéder ou d'acquérir des parts de sociétés ayant pour objet l'exploitation agricole. Aujourd'hui, "45 % des terres libérées par la Safer vont à l'installation", insiste Michel Baylac. La Safer GHL se réjouit par ailleurs de voir que le marché des terrains agricoles et naturels destinés à plus ou moins brève échéance à quitter la vocation agricole "est resté contenu à un régime largement inférieur à la moyenne des 10 dernières années".
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Aujourd'hui, dans la région, l'enjeu est de regrouper les trois Safer régionales sous une entité unique. La fusion entre la Safalt (Aveyron, Lot, Tarn et Tarn-et-Garonne), la Safer Haut-Languedoc et la Safer Languedoc-Roussillon doit avoir lieu début avril 2016. "L'idée est d'avoir une Safer régionale adossée au Conseil régional pour peser", développe Michel Baylac.
La Région a prévu un volet agriculture dans sa Stratégie pour la croissance et l'emploi. Une initiative dont se réjouit Michel Baylac, qui pointe différents éléments pouvant permettre de dynamiser la filière agricole. "Carole Delga n'a pas omis de consulter les filières car elle est consciente des possibilités. Aujourd'hui, il faut mettre en avant les filières de qualité, s'adosser à des labels, sans oublier les grandes cultures." Selon le président de la Safer GHL, l'installation d'un agriculteur génère de nombreux emplois. "Il faut donc mettre de la valeur ajoutée sur le territoire, faciliter l'innovation, sans oublier l'humain", assure-t-il.
Autre solution avancée par Michel Baylac, les contrats passés entre les agriculteurs et les industriels, à l'image de Natais ou Nutrition et Santé. "Ces partenariats de proximité sont intéressants pour les agriculteurs et l'économie régionale."
Paul Périé
Carole Delga sonne l'alerte pour sauver les petites lignes de train en Occitanie
Bras de fer de l'A69 : « Le Sénat est totalement dans son rôle », juge le rapporteur
« Trains de la colère » : les usagers de Paris-Orléans-Limoges-Toulouse dénoncent une ligne à l'abandon
En attendant la LGV Bordeaux-Toulouse, la Ville rose en surchauffe ferroviaire