"Il faut rendre la ville plus résiliente au changement climatique" (NégaWatt)

Florine Galéron
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negawatt christian couturier
Negawatt // Rémi Benoit

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Negawatt // Rémi Benoit
Toulouse a connu cet été une période de canicule avec des maximales de températures dépassant les 38°C. Selon une étude publiée sur Environmental Research Letters, le thermomètre pourrait grimper au-delà de 50°C à partir de 2050 dans le Sud-Ouest. Comment la Ville rose peut-elle s'adapter au changement climatique ?
Il faut à la fois rendre la ville plus résiliente au changement climatique et réduire nos émissions de CO2. Pour rendre la ville plus résiliente, le scénario de l'association négaWatt insiste sur deux volets : les bâtiments et les déplacements. L'une des sources de chaleur provient des moteurs thermiques des voitures. Nous prônons la suppression totale de ces derniers au profit de voitures électriques. Cela permettrait également de faire chuter la pollution de l'air aggravée pendant les canicules. Il faut aussi donner plus de place aux piétons et aux vélos dans la ville et encourager l'utilisation des transports en commun.
Concernant les bâtiments, l'utilisation de la climatisation n'est qu'une solution palliative puisque ces appareils rejettent de la chaleur vers l'extérieur (l'air conditionné serait responsable d'une augmentation de la température extérieure d'1 à 2°C, ndlr). Par ailleurs, ils participent à une forte augmentation de la consommation électrique. De la même manière qu'on observe en hiver un pic, désormais le même phénomène est relevé pendant les périodes de canicule. Au niveau des constructions neuves, il ne devrait pas avoir besoin de climatisation. On sait aujourd'hui très bien isoler les bâtiments. Pour l'ancien, des travaux sur la toiture et les fenêtres s'imposent. Cela peut permettre de réduire sa facture énergétique également l'hiver.
NégaWatt suggère également une réduction de l'étalement urbain. Inversement, si l'on densifie la ville, ne risque-t-on pas d'aggraver le phénomène des îlots de chaleur ?
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Il ne faut pas multiplier les tours, mais à Toulouse il y a encore la possibilité à certains endroits de densifier au niveau d'un R+2 (rez-de-chaussée plus 2 étages, ndlr) ou R+3 sans que cela ne crée des îlots de chaleur. Cela ne sert à rien de densifier à la campagne s'il faut une heure de trajet en voiture pour se rendre au travail. Nous pensons également qu'il est important de favoriser une mixité des usages plutôt que de ségréger les espaces : avoir une boulangerie au pied d'un immeuble de bureaux évite d'avoir à prendre son véhicule. Il faut aussi veiller à ne pas construire au-delà de nos besoins réels, c'est le cas par exemple des surfaces tertiaires comme les bureaux qui sont loin d'être tous occupés.
Florine Galéron