EADS taille dans ses effectifs, 1 000 emplois concernés en France
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Tom Enders, le président d'EADS, avait promis une restructuration "draconienne". Et c'est en Allemagne, où sont situées la plupart des activités de défense, que le groupe devrait d'abord tailler dans ses effectifs. Tom Enders a donc pris la décision de supprimer 5 800 postes en Europe, dont un millier en France. C'est moins que les 8 000 suppressions annoncées par la presse allemande fin novembre, mais suffisamment pour provoquer la colère des syndicats, notamment le plus gros syndicat allemand IG Metall, qui a organisé le mois dernier une vaste journée d'action en guise d'avertissement.
En France, le syndicat FO affirme sur son site internet que sur environ 1 000 emplois concernés, " 300 sont sans réelle solution à ce jour ". Selon ce plan de restructuration, d'une durée de trois ans, " 4 500 emplois en CDI sont concernés, dont 500 postes dans les 'fonctions support' ", ajoute FO. Le syndicat affirme par ailleurs que "le groupe EADS se porte bien financièrement" et que "ses carnets de commandes sont bons, voire importants". Il met notamment en cause "une logique purement financière avec comme seule volonté affichée, un taux de rentabilité à 10 %" et a exigé que le groupe EADS ne procède à "aucun licenciement sec".
En cause: les réductions de commandes militaires
Selon la direction d'EADS, la restructuration est inévitable pour rendre le groupe plus efficace et performant dans les compétitions sur les marchés émergents.
Le patron d'EADS avait d'ailleurs récemment prévenu dans un entretien à un magazine allemand que les réductions de commandes militaires, notamment en Allemagne, ne pourraient "pas rester sans conséquence pour l'activité et les emplois".
La restructuration, annoncée en août dernier (lire notre article : EADS devient Airbus en 2014, ce qui va changer), n'avait jusqu'à hier soir déclenché aucune réaction politique notable, ni à Paris, ni à Berlin. Lundi soir cependant, le ministre du Travail, Michel Sapin,a relativisé l'annonce de Tom Enders : il a déclaré sur France 3 qu'il n'y aurait "aucun licenciement" chez EADS. "Il n'y a pas une seule personne qui ira à Pôle emploi puisque dans le groupe lui-même, il y a des créations d'emplois".
Aujourd'hui mardi 10 décembre se réuniront des comités européens par branche, selon des sources syndicales.
Sophie Arutunian avec LaTribune.fr
©photo Rémi Benoit
En savoir plus:
Réaction de Martin Malvy, président de la Région Midi-Pyrénées: "Un millier d'emplois serait concerné en France. Nous ne pouvons pour l'heure évaluer dans quelle mesure Midi-Pyrénées sera touchée. Nous resterons particulièrement vigilants pour le site Astrium de Toulouse mais aussi pour Cassidian dont un projet de cession est en cours dans le cadre de cette réorganisation. Quoi qu'il en soit, toutes les pistes devront être examinées pour rechercher des solutions aux salariés concernés" a déclaré Martin Malvy.
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