En Corse, la filière de la pêche professionnelle s'enfonce dans la crise
Jean-Marc Rafaelli
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Christian Buffa
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Les pêcheurs corses ont le spleen. La communauté de la pêche artisanale, aussi ancienne que les premiers peuplements de l'île, se rétrécit comme peau de chagrin. Il y a dix ans, 196 pêcheurs professionnels étaient encore en activité. Aujourd'hui, il n'en reste que 152 en tout et pour tout, parmi lesquels un tiers de... retraités. « Nous nous éteignons doucement, comme une bougie », se résigne Joseph Sanna, pêcheur à Propriano, à l'origine de la création récente d'un syndicat de défense des pêcheurs corses, U sindicatu pà a difesa di i pescadori corsi.
De surcroît, le flambeau ne se transmet pas, les jeunes s'en détournent car le métier est dur par nature, de plus en plus exigeant dans sa pratique et de moins en moins rémunérateur. En définitive, le déclin de la pêche est tout à fait comparable à celui de l'agriculture avec une série de difficultés conjoncturelles et de contraintes administratives qui sont comme des poisons dans l'eau...
La pêche corse se considère déjà comme le parent pauvre au sens propre du terme : la France reçoit du Fonds européen dédié une enveloppe de 580 millions d'euros. La Corse ne perçoit que 5 millions, « soit moins de 1% alors que nous représentons 12 % du littoral français et 650 km de zone de pêche. Nos voisins sardes se voient octroyer 40 millions avec moins de 200 km... » regrette Joseph Sanna pour qui la pêche côtière est à l'abandon.
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« Pire même, elle est en perdition ! Comme nos amis agriculteurs, nous sommes pénalisés par une réglementation écrasante et restrictive qui est soit insurmontable pour les modestes pêcheurs que nous sommes soit inadaptée à nos embarcations ce qui fait, par exemple, que nous devons payer 3.300 euros pour satisfaire à toutes les normes de sécurisation d'une barque de 9 mètres. Dans ces conditions, beaucoup de pêcheurs rendent le tablier... »
Jean-Marc Rafaelli