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Aides au carburant : le coup de pouce aux pêcheurs prolongé, annonce Emmanuel Macron

latribune.fr

Publié le 28 novembre 2023 à 12:38 - Mis à jour le 28 novembre 2023 à 21:09

Les pêcheurs français bénéficieront de la prolongation de l'aide de 20 centimes par litre de carburant jusqu'au 30 juin 2024 (Photo d'illustration).

Les pêcheurs français bénéficieront de la prolongation de l'aide de 20 centimes par litre de carburant jusqu'au 30 juin 2024 (Photo d'illustration).

Reuters

Le Quotidien Numérique

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A l'occasion d'un déplacement aux assises de l'économie maritime ce mardi, Emmanuel Macron a annoncé la prolongation des aides au carburant pour la pêche, et ce, jusqu'en juin 2024. Et pour cause, les pêcheurs n'ont cessé de manifester leur grogne ces derniers jours. Ils se plaignent notamment du plafond trop bas de cette aide.

[Article publié le mardi 28 novembre 2023 à 13h38 et mis à jour à 16h06] Présent aux assises de la Mer à Nantes, Emmanuel Macron a annoncé la prolongation des aides au carburant pour la pêche jusqu'à la fin du mois de juin 2024. Une bonne nouvelle pour les pêcheurs. Ces derniers n'avaient pas manqué d'exprimer leur mécontentement ces derniers jours, notamment en Bretagne.

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Pêcheurs : l'aide carburant de 20 centimes par litre prolongée jusqu'au 4 décembre

Les pêcheurs français bénéficieront ainsi de la prolongation de l'aide de 20 centimes par litre de carburant - permise dans le cadre européen qui l'autorise - et ce, jusqu'au 30 juin 2024, a précisé le chef de l'Etat. Cette aide, qui expirait le 31 décembre, s'appliquera jusqu'à un plafond de 335.000 euros par entreprise et par an.

«Ces 20 centimes seront cumulés avec les aides qu'on a obtenues auprès de plusieurs grands groupes, Total et autres, ce qui fait qu'on aura une aide exceptionnelle que nos pêcheurs n'auront jamais eue sur sur le carburant», s'est félicité le président de la République.

Mis en place en mars 2022, après la flambée des prix de l'énergie provoquée par la guerre en Ukraine, ce dispositif permet aux pêcheurs de toucher une aide, quel que soit le nombre de bateaux. Problème, nombreux sont ces professionnels de la mer à avoir déjà dépassé ce plafond de consommation d'aide. En clair, le montant est insuffisant à leurs yeux. Les patrons des gros armements bretons, qui emploient quelque 800 marins-pêcheurs, dénoncent en effet une situation économique intenable pour leur survie, faute d'aide au gazole depuis des mois.

Des plafonds rapidement atteints

« Nous avons atteint le plafond en août 2022. Les aides, on les a consommées en quatre mois environ », témoigne ainsi Christophe Collin, directeur de l'armement bigouden au Guilvinec (Finistère), qui compte neuf chalutiers hauturiers. Les relèvements successifs du plafond (il va encore être relevé à 335.000 euros au 1er janvier) ont été un soulagement éphémère pour ces gros armements, dont les chalutiers consomment parfois entre 1.500 et 2.000 litres de gazole par jour.

Or, « le gazole peut représenter jusqu'à 40% de notre chiffre d'affaires », insiste Ludovic Le Lay, directeur de l'armement Hent ar Bugale à Loctudy (Finistère).

«Il y a encore des moyens de s'en sortir», concède-t-il, «si les prix sont en notre faveur (lors des enchères à la criée, ndlr). Mais on perd surtout énormément d'argent».

Les marins aussi en pâtissent, eux qui sont payés à la part, en fonction du prix de vente de poisson, une fois les charges déduites. « Grosso modo, ils perdent 400 à 500 euros sur une marée de 14 jours », avance Ludovic Le Lay, qui pointe une « distorsion de concurrence profondément injuste » avec les chalutiers artisanaux qui n'ont pas encore dépassé le plafond.

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Un modèle à bout

Pour alerter sur leur situation, les huit plus gros armements bretons, comptant une soixantaine de chalutiers et 800 marins, se sont réunis lundi après-midi à Lorient (Morbihan), à la veille de la venue d'Emmanuel Macron aux assises de la Mer à Nantes.

« On attend que le président prenne une position claire et publique sur l'avenir de la filière », avait indiqué Yves Foëzon, directeur de Pêcheurs de Bretagne, première organisation de producteurs de France. « On va dans le mur. On a un modèle économique qui est à bout », avait-il averti, soulignant que les armements « les plus touchés sont les piliers des ports bretons : tout le reste va s'écrouler derrière ». Les 64 chalutiers hauturiers adhérents des Pêcheurs de Bretagne représentent en effet 40% des captures de poissons de l'organisation, en tonnage. Leur activité est essentielle à la survie de nombreuses criées.

Et la grogne ne touche pas seulement les hauturiers. « On est tous dans la panade », s'est alarmé aussi Stéphane Pochic, dont l'armement compte neuf chalutiers côtiers à Loctudy. Balayant les injonctions à la décarbonation, faute de solutions techniques viables pour les chalutiers, beaucoup plaident pour un fonds de soutien à la filière, financé par une taxe sur le poisson importé ou sur les champs d'éoliennes en mer.

«Stratégie de modernisation»

Mercredi dernier, l'armement Via Océan (ex-Saupiquet), basé à Concarneau (Finistère) et dont les trois bateaux pêchent le thon tropical dans l'Atlantique, a annoncé un projet de « cessation définitive des ses activités » en raison notamment de la « très forte hausse de ses coûts ». Une annonce vue comme un très mauvais signe par beaucoup de pêcheurs.

Ce mardi, le locataire de l'Elysée a cherché à répondre à ces interrogations. Au delà de ce « ballon d'oxygène » à « court terme », que constitue l'aide au carburant, le président a rappelé qu'il souhaitait doter le secteur de la pêche française d'une « stratégie de modernisation ».

«Parce qu'il en est de notre pêche comme de notre agriculture, le même défi : ça ne sert à rien d'être de plus en plus exigeants avec les producteurs si derrière on laisse de plus en plus importer des produits de la pêche et de la mer qui viennent de puissances qui ne respectent pas ces règles», a-t-il expliqué.

Rappelant le lancement « entre maintenant et l'été prochain » d'un « vrai contrat de transformation de la pêche française », il a évoqué « plusieurs chantiers ». La question du prix du poisson, l'absence de prix rémunérateur rendant les jeunes « réticents » à embrasser la filière, a-t-il cité, évoquant également une meilleure répartition de la valeur des marges.

Le chef de l'État a également souhaité « moderniser les criées », car aujourd'hui « ça coûte moins cher de débarquer en Écosse ou en Irlande et d'acheminer les captures par camions en France ».

«Du coup, on a un bilan carbone qui est désastreux, on a un bilan économique qui n'est pas le bon», a-t-il regretté, souhaitant également revoir «la gouvernance de la filière», aujourd'hui «trop complexe».

Toutes ces problématiques seront donc discutées pour décider « comment on utilise bien les aides et les investissements qu'on continuera de faire et en particulier 700 millions d'euros » générés grâce à l'éolien en mer entre 2023 et 2035.

Décarboner le secteur

Concernant la décarbonation du secteur, la France consacrera quelque 800 millions d'euros du programme d'investissements France 2030 à des projets qui vont dans ce sens, dont 500 millions dans le cadre d'un fonds public-privé de 1,5 milliard d'euros, a également indiqué Emmanuel Macron.

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Ces fonds « vont permettre de financer plusieurs projets de recherche, de décarbonation de ports, d'infrastructures portuaires, de zones industrielles portuaires dont on prépare la décarbonation », a-t-il expliqué, avant d'ajouter : « Mais surtout, à travers ça », 500 millions d'euros seront consacrés à un fonds public-privé pour « dynamiser la décarbonation de tout le secteur », a-t-il détaillé.

(Avec AFP)

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