Studios de cinéma à Toulouse, toujours pas de dossier déposé par l'américain Raleigh
Objectif News
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Le projet des studios américains Raleigh de créer un « Hollywood sur Garonne » verra-t-il le jour, comme l'espèrent nombre de Toulousains ? Fidèle à son habitude, Bruno Granja, le porteur du projet, ne laisse rien filtrer mais promet qu'un dossier sera bien transmis à la préfecture. « Tactiquement, c'est bien joué d'attendre le dernier moment : on sait très bien qu'il y a des risques de fuite importants », juge un élu local, qui est d'une « prudence extrême » sur la pertinence économique de ce projet. Et qui s'interroge : « Bruno Granja est sans doute d'un enthousiasme sincère. Mais qu'espère Raleigh alors que les autres studios français souffrent ? On se demande si derrière tout ça, ils ne visent pas une acquisition foncière destinée à être valorisée en la réorientant dans dix, quinze ou vingt ans, vers d'autres activités. »
« Une autorisation d'occupation temporaire »
Ce n'est pas l'avis de Jean-Louis Chauzy, président du Ceser (Conseil économique et social régional) qui a toute confiance en ce projet et espère même une accélération du processus. « Nous souhaitons obtenir une autorisation d'occupation temporaire (AOT), ce qui nous dispenserait de déposer un dossier de candidature et permettrait de commencer les activités dès janvier 2013 », explique-t-il. Cela voudrait-il dire que le dossier de candidature de Raleigh n'est pas encore bouclé ?
« Au contraire, réagit Philippe Guérin, maire de Cugnaux. Cette demande d'AOT est là pour pouvoir démarré au plus tôt sur le site car les studios Raleigh sont très intéressés. Le dossier sera bien déposé dans les temps, Bruno Granja ayant levé les fonds nécessaires. L'autre dossier de Futura 21 pour des pistes de ski indoor est complètement farfelu. C'est une aberration sur le plan écologique, d'autant plus à 1h30 des Pyrénées. » De son côté, Jean-Louis Chauzy assure que le président de la République lui-même est favorable à cette implantation et les ministres de la Culture Aurélie Filippetti et du Redressement productif Arnaud Montebourg sont en charge du dossier. À noter que l'appel d'offres est très strict, notamment en termes de budget. Il réclame ainsi « un business plan simplifié à 3, 5 et 7 ans » et une « analyse de la rentabilité prévisionnelle du projet ».
Parallèlement, l'appel d'offres pour la concession définitive de l'aérodrome de Francazal est lancé. Deux dossiers ont été déposés, d'autres pouvant l'être jusqu'au 12 novembre. Il se dit que l'aéroport de Toulouse-Blagnac (ATB), déçu d'avoir été battu dans la course à la concession provisoire, pourrait choisir de s'associer et à SNC Lavalin et à Vinci, candidats plus que probables. Une façon de gagner à tous les coups et qui ne l'empêche pas de poser sa propre candidature. Exploitant actuellement l'aérodrome, « Lavalin part avec une petite longueur d'avance, estime un proche du dossier. Mais Lavalin comme Vinci ont cherché à courtiser ATB, conscients que s'adosser à un acteur local peut leur permettre de gagner. » Dans tous les cas, la préfecture de Haute-Garonne assure qu'une société de peinture aéronautique et une autre de... montgolfières s'installeront à partir du 1er octobre dans les deux hangars encore non occupés au bord de la piste.
Sophie Arutunian , Mikaël Lozano, Paul Périé
© Rémi Benoit
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