60% des employeurs ne remplacent pas leurs salariés accidentés au travail ou malades

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Lorsque les employeurs ont pourvu à un remplacement en 2017 il a été définitif dans 17% des cas, contre 5% en 2016, précise l'enquête.
Lorsque les employeurs ont pourvu à un remplacement en 2017 il a été "définitif" dans 17% des cas, contre 5% en 2016, précise l'enquête. (Crédits : Reuters)
Pour expliquer ce choix, les responsables de l'enquête réalisée évoquent l'hypothèse d'un surcoût financier, l'incertitude en terme de durée d'absence et les contraintes juridiques liées à la reconduction de CDD.

Une majorité d'employeurs (60%) n'ont pas remplacé leurs salariés absents suite à un accident du travail ou à une maladie professionnelle en 2017, selon une étude(*) publiée jeudi.

A la question "avez-vous fait remplacer une personne en son absence pour cause d'accident du travail ou maladie professionnelle?", 60% des employeurs ont répondu "non" en 2017, contre 44% en 2016, selon l'enquête des cabinets Atequacy, spécialisé dans la gestion des risques professionnels, et Singer avocats (droit du travail, droit de la sécurité sociale).

Aucune question ne permettant de préciser les raisons de ce choix, les responsables de l'enquête émettent l'hypothèse d'un surcoût financier mais surtout "l'incertitude en terme de durée d'absence" et les contraintes juridiques liées à la reconduction de CDD.

De forts risques psychosociaux

Lorsque les employeurs ont pourvu à un remplacement en 2017 il a été "définitif" dans 17% des cas, contre 5% en 2016, précise l'enquête.

Par ailleurs, deux tiers des entreprises interrogées ont déclaré "au moins" un accident du travail ou accident de trajet ou maladie professionnelle en 2017.

Fait marquant, un tiers des entreprises interrogées a recensé des arrêts maladie liés aux risques psychosociaux (RPS), définis comme le "stress", la "dépression" ou le "burn out".

Si 9% des arrêts maladie liés à ces RPS ont été qualifiés en accidents du travail en 2017 (contre 10% en 2016), 13% ont été reconnus en maladies professionnelles, soit deux fois plus qu'en 2016 (6%).

Pour être reconnues comme maladies professionnelles, ces pathologies, non référencées comme telles dans la classification officielle, doivent répondre à deux critères : être directement liées au travail et entraîner au moins 25% d'incapacité permanente, rappellent les initiateurs de l'enquête.

Enfin, les reclassements suite à un accident du travail ou à une maladie professionnelle, ont diminué en 2017: 20% contre 30% en 2016.

__________

(*) L'enquête a été réalisée d'août à septembre par téléphone auprès de 300 entreprises de plus de 50 salariés de tous secteurs (893.634 salariés).

(avec AFP)

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a écrit le 30/11/2017 à 15:55 :
plus de la moitié des absences au travail sont liées à des maladies de courte durée (moins de 15 jours). Les auteurs de l'étude auraient du commencer par cela parce que cela explique le reste.

La contrainte juridique n'arrive qu'en tout dernier ressort après

1°) la difficulté voire l'impossibilité de trouver une personne extérieure capable de remplacer un employé au pied levé sur un poste.

2°) la possibilité de faire effectuer son travail par les collègues via les heures sup

3°) la possibilité de reporter le dossier ou le projet du temps d'absence.

Les 17% de remplacement sont probablement liés aux congés maternité, aux affections longue durée et aux accidents du travail graves. Tous cas qui sont pris en compte dans la législation et permettent des embauches temporaires.
Réponse de le 30/11/2017 à 22:08 :
"possibilité de faire effectuer son travail par les collègues via les heures sup"
heures sup ? c'est quoi ? en france on appelle ça du bénévolat !!!
Réponse de le 02/12/2017 à 22:51 :
d'ou l'intérêt d'avoir 10% d'intérimaires bien payés qui feront le joint avec des compétances équivalentes.
a écrit le 30/11/2017 à 10:02 :
Vous dites 60% d'employeurs ne remplacent pas les absences pour maladie ou accident.
Venez avec moi nous allons faire le tour de quelques entreprises vous serais surpris votre chiffre est très en dessous de la réalité. Je peux vous dire que 90% des employeurs. Et dans la la mienne c'est 100% (directive de la direction générale)
a écrit le 30/11/2017 à 10:01 :
Vous dites 60% d'employeurs ne remplacent pas les absences pour maladie ou accident.
Venez avec moi nous allons faire le tour de quelques entreprises vous serais surpris votre chiffre est très en dessous de la réalité. Je peux vous dire que 90% des employeur et dans la la mienne c'est 100% (directive de la direction générale)
a écrit le 30/11/2017 à 9:49 :
"Enfin, les reclassements suite à un accident du travail ou à une maladie professionnelle, ont diminué en 2017: 20% contre 30% en 2016"

Ce qui veut dire que l'on vire directement les salariés ou bien que ceux ci restent aux mêmes postes malgré tout ?
a écrit le 30/11/2017 à 9:43 :
logique, la plupart du temps, on va simplement reporter la charge de travail sur les collegues. Ca coute rien. ca va certes degrader un peu le resultat car la personne sera surchargee mais financierement et a court terme c est tout benef

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