A l'Elysée, Berger (CFDT) veut aller "chercher le fond des sujets"

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(Crédits : PASCAL ROSSIGNOL)
La réunion des partenaires sociaux à l'Elysée sera l'occasion d'aller "chercher le fond des sujets" et mettre en garde Emmanuel Macron sur sa volonté de "passer seul", a indiqué mardi le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger.

"Je vais chercher le fond de sujets. Sur l'emploi, le travail, la protection sociale, quel modèle on veut construire demain?", a déclaré Laurent Berger sur RTL, avant la réception des partenaires sociaux par le chef de l'Etat, qui devait débuter à 9h.

Le patron de la CFDT entendait y faire passer un message à M. Macron:

"Je lui dirai 'trop souvent vous voulez passer seul et ce n'est pas bon (...) pour la qualité des réformes souhaitées'."

"Tout seul, on va sans doute plus vite mais on va beaucoup moins loin", a-t-il ajouté, jugeant nécessaire "davantage de dialogue pour éviter le risque populiste".

"On est au bout d'un an de la présidence de Monsieur Macron" et la suite du quinquennat "nécessitera qu'on traite le fond des sujets et pas simplement l'urgence de la réforme", a-t-il poursuivi, évoquant plusieurs thèmes comme le handicap, "la qualité de vie au travail" ou les "nouvelles formes d'emploi".

Au sujet de l'assurance chômage, pour laquelle le chef de l'Etat a demandé aux partenaires sociaux une nouvelle négociation, "il faut que règles du jeu soient précises" et "il ne faut pas nous donner la finalité avant même qu'on négocie" sinon "ce sera sans nous", a prévenu Berger.

Le numéro un de la CFDT attend par ailleurs "une stratégie pauvreté très ambitieuse", avec "des moyens conséquents" et "des mesures d'accompagnement des personnes", après le report à septembre du plan initialement attendu en juillet.

La CGT attend de Macron qu'"il change de politique sociale"

Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez a déclaré mardi attendre du président Emmanuel Macron qu'"il change de politique sociale".

S'exprimant sur France Inter avant la réunion des partenaires sociaux à l'Elysée, Philippe Martinez a estimé que cette rencontre constituait "une forme de reconnaissance de la réalité du syndicalisme". Mais il a souhaité que le chef de l'Etat reçoive "aussi séparément" les organisations, pour que chacune puisse développer ses propositions.

"J'attends qu'il change de politique sociale", a expliqué le numéro un de la CGT, appelant aussi le chef de l'Etat à "arrêter de diviser les Français" et à "arrêter de dire que ceux qui ont un peu sont des privilégiés par rapport à ceux qui n'ont rien du tout".

Selon lui, en réclamant de nouvelles règles d'indemnisation du chômage, "de nouveau on culpabilise les chômeurs" alors qu'un sur deux "ne perçoit aucune indemnité".

"J'attends qu'il parle de pouvoir d'achat, d'augmentation des salaires, d'augmentation des pensions" de retraite, a ajouté Philippe Martinez.

Emmanuel Macron reçoit mardi matin pour la première fois tous ensemble les leaders des huit organisations patronales et syndicales.

(avec agences)

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Commentaires
a écrit le 17/07/2018 à 14:05 :
Sans céder sur les objectifs, on peut aussi considérer que si de nombreux et plus expérimentés ont échoué sur les réformes, c'est qu’elles sont plus complexes qu’il n’y parait.
Mr. Berger a raison d’insister sur le fait qu’il n’y a pas de solution unilatérale. D’ailleurs, quelle serait la logique de critiquer le comportement du Président actuel d’une grande puissance et d’appliquer les mêmes méthodes ? On en voit les effets perturbateurs et contradictoires. Certes on peut avoir des obligations à résoudre les problèmes de la dette et de rappeler que le temps presse en raison du risque d’augmentation des taux, mais rien n’empêche de trouver des solutions communes. Cela prendra plus de temps, le temps de l’analyse, de la concertation, de la compréhension et de la décision. Par la suite, de la nécessaire pédagogie, vu que certains sont quasi hypnotisés par le chant simpliste des sirènes, les attirant immanquablement vers Charybde et Scylla. Simplisme qu’il ne faudrait pas adopter, la situation économique et sociétale étant par nature complexe. Sinon on n’arriverait à convaincre que les sots ou les incompétents et même si dans ce registre ils paraissent nombreux, rien ne garantit qu’ils aient raison.
Qui a raison ? C’est peut être cela l’argument commun à tous les décideurs et partenaires sociaux, celui de la raison.
a écrit le 17/07/2018 à 10:17 :
"Je vais chercher le fond de sujets. Sur l'emploi, le travail, la protection sociale, quel modèle on veut construire demain?", a déclaré Laurent Berger sur RTL"

Trop tard ,la loi travail contre les salariés est passée par la.

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