À Lyon, pour son congrès, la CFDT cherche un nouveau souffle
Fanny Guinochet
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Au 50e congrès de la CFDT (à Lyon du 13 au 17 juin), Laurent Berger, secrétaire général du syndicat réformiste, et Véronique Revillod, secrétaire générale adjointe, applaudissent avec la salle après le vote du rapport d'activité avec 90% d'approbation,...
Réuni à Lyon à l'occasion de son 50e congrès, le premier syndicat de France, qui fête son centenaire, se questionne sur son évolution, dans un monde social et politique où la nuance ne fait plus recette. Réputé modéré, préférant le compromis au conflit, le syndicat de Laurent Berger voit le nombre de ses adhérents s'éroder. En ordre de marche derrière son secrétaire général, l'organisation prépare sa stratégie pour tenter de peser sur le second quinquennat d'Emmanuel Macron. Et retrouver une place de choix.
Lucide, Laurent Berger fut un des premiers à tirer la sonnette d'alarme sur le risque possible de disparition des syndicats. C'était en 2019, lors de l'émergence des "Gilets jaunes". Né en marge des corps intermédiaires classiques, sur les ronds-points, ce mouvement social d'un nouveau jour prenait de court les syndicats traditionnels, et faisait, non sans violence, plier le gouvernement... Depuis, le Covid et le télétravail ont encore éloigné un peu plus les Français des syndicats.
Et le résultat est là, inquiétant pour celui qui préside la première organisation syndicale de France depuis bientôt 10 ans : de 800.000 membres en 2006, la CFDT est passée aujourd'hui à 600.000. Pourtant, il y a quatre ans, lors de son dernier congrès, elle prévoyait 10% d'adhésions supplémentaires.
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Une organisation homogène, mais découragée
L'érosion affecte toutes les organisations. Mais la CFDT a choisi de se pencher sur cette désaffection en lançant une vaste enquête interne, intitulée "Parlons engagement". Les résultats, présentés à l'occasion de son congrès à Lyon, montrent un fort engagement chez ses adhérents, mêlé à... un important découragement.
Malgré la fatigue, l'organisation n'en reste pas moins unie derrière son chef de file et alignée sur ses valeurs communes - lutter contre l'extrême droite, privilégier la négociation au conflit, rester dans la nuance, ne pas tomber dans les caricatures ni la radicalité, préférer la responsabilité et le pragmatisme...
Preuve de cette unité, le dernier rapport d'activité du successeur de François Chérèque a recueilli près de 90% des votes, ce mercredi à Lyon.
La CFDT sort toutefois affaiblie par le dernier quinquennat. Alors que, sous François Hollande, Laurent Berger était qualifié de "ministre du Travail bis", avec Emmanuel Macron, les relations ont été plus tendues. L'effet de la relégation au second plan des corps intermédiaires par le président.
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