Pouvoir d'achat : les syndicats ont-ils été exclus des discussions avec Bercy ?

Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie reconduit, reçoit ce lundi les représentants des employeurs. Medef, UIMM, CPME, et autres fédérations sont entendues pour évoquer comment préserver le pouvoir d'achat des Français. Au menu des échanges : hausse de salaires, primes, intéressement, etc. Les syndicats, représentants de salariés ne sont pas invités. Oubli ? Volonté délibérée ? Premier couac ? Cette décision, en tout cas, ne manque pas de faire grincer...

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Laurent Berger, le numéro 1 de la CFDT, ne cache pas son mécontentement de ne pas avoir été invité par Bercy pour parler des salaires.
Laurent Berger, le numéro 1 de la CFDT, ne cache pas son mécontentement de ne pas avoir été invité par Bercy pour parler des salaires. (Crédits : Reuters)

Emmanuel Macron a promis pour ce second mandat, une méthode différente, basée sur la concertation et l'écoute. Notamment avec les syndicats. Mais quelle fut la déception de plusieurs d'entre eux, lorsqu'ils ont appris, que pour la première réunion concernant le pouvoir d'achat, Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie s'en est tenu à inviter les organisations représentants les employeurs. Toutes - comme le Medef, la CPME, l'U2P, l'UIMM, et plusieurs branches patronales du BTP, de la construction, du commerce etc - sont conviées à échanger avec le ministre fraîchement reconduit à Bercy.

Surprise et colère des syndicats

Ainsi, Laurent Berger, à la tête de la CFDT a-t-il réagi ce lundi, sur LCI , non sans agacement : "Non, nous ne sommes pas invités. Pour discuter des salaires, ça ne se passe pas sans ceux qui travaillent, représentés par les organisations syndicales". Et de lancer : "Je l'invite à nous réunir très vite".

Même déception chez Yves Veyrier de Force Ouvrière, qui dans un tweet amer, écrit : "Changement de méthode ? Elisabeth Borne, Bruno Le Maire, Olivier Dussopt, le pouvoir d'achat, c'est sans les salaires, sans les salariés et leurs représentants ?"

Le gouvernement planche sur sa grande loi anti-inflation, pour protéger le pouvoir d'achat des Français. Sous réserve d'avoir une majorité, il souhaiterait faire adopter ce texte dès le début de l'été. Plusieurs mesures qui impacteront directement les actifs sont prévues : mise en place d'un dividende salarié, augmentation de la prime Macron sans charges ni impôts jusqu'à 6.000 euros, aide pour les Français modestes qui utilisent beaucoup leur véhicule pour travailler etc. D'où l'incompréhension des syndicats.

Le gouvernement va-t-il rectifier le tir dans les prochains jours et leur proposer une rencontre. Les leaders syndicats, qui y voient un premier couac qui n'augure rien de bon, l'espèrent.

Des mobilisations pour les salaires qui se multiplient

En attendant, la question du pouvoir d'achat s'invite chaque jour un peu plus dans les entreprises. Les tensions sociales se multiplient avec des mobilisations. Ainsi, mardi 24 mai, tous les syndicats chez Marionnaud ont prévu de se mettre en grève dans toutes les boutiques pour réclamer des augmentations de salaires. La semaine dernière, des employés de Carrefour ont débrayé avec la même revendication. Le sous-traitant d'Airbus, Daher, a connu, lui aussi des actions spontanées  pour de meilleures revendications etc, etc. Avec une inflation qui s'apprête à dépasser les 5%, aucun secteur, ni entreprise, petite ou grande, ne semble avoir l'assurance d'être épargnés.

Lire aussi : Elisabeth Borne à Matignon, les raisons d'une nomination

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Commentaires 13
à écrit le 24/05/2022 à 16:37
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Augmenter systématiquement le smic sans répercuter le même % d’augmentation sur l’ensemble de la grille des salaires ( mais augmentation contenue au montant du plafond de la sécu) revient à décourager l’ensemble des salariés. C’est du nivellement...

à écrit le 24/05/2022 à 16:36
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Augmenter systématiquement le smic sans répercuter le même % d’augmentation sur l’ensemble de la grille des salaires ( mais augmentation contenue au montant du plafond de la sécu) revient à décourager l’ensemble des salariés. C’est du nivellement...

à écrit le 24/05/2022 à 10:36
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" Les syndicats, représentants de salariés ne sont pas invités. Oubli ? Volonté délibérée ? Premier couac ? " Ils auraient du le savoir cela fait 5 ans que cela dure et pourtant ils ont appelé pour la plupart à voter de nouveau Macron ,c'est vrai...

à écrit le 24/05/2022 à 8:35
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être systématiquement opposé à toute réforme a fini par lasser tous ceux qui veulent (encore) faire du « dialogue social » c’est à dire du bla-bla.. Dès lors, il est sain d’avancer y compris en cessant de trainer les boulets de la société française.

à écrit le 23/05/2022 à 19:10
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les syndicats ne representent qu'eux memes, et les rentiers de la republique qui constituent le gros de leurs bataillons......moi je pense qu'il faut confisquer leurs avoir, confisquer les 30 milliards de la formation, confisquer l'argent des gras ce...

le 24/05/2022 à 6:42
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pas que les syndicats c'est tous les organismes qui representes les francais qui sont exclu des dialogues comme si ce pouvoir se comporter en dictateur et comme si m macron se comporter comme un roi de l'ancien regime elu avec moins de 20 pour ce...

le 24/05/2022 à 8:22
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Votre commentaire devrait comprendre quelques éléments factuels. Le syndicalisme en France a deux problèmes: une faible participation, due à ce que tout le monde profite des accords obtenus indépendamment de leur appartenance ou non à un syndicat et ...

le 24/05/2022 à 9:10
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Le taux de syndicalisation atteint plus de 70% dans les pays nordiques (Danemark, Suède, etc.) qui, comme la Belgique, appliquent le "système de Gand", c'est-à-dire qu'il faut obligatoirement être syndiqué pour obtenir certaines prestations (chômage,...

à écrit le 23/05/2022 à 18:32
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Une dette qui sera payé pas le commun des français salariés au profit des employeurs ne doit pas être divulgé sur la place publique!

à écrit le 23/05/2022 à 17:38
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@enzoligark ... ; ... " Amazon France : un seul syndicat signe l ' accord proposant une hausse de 3,5 % des salaires ." Les autres n ' etaient pas invites a la " fete " ? ! . ... AFF ISS .

à écrit le 23/05/2022 à 17:26
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Bruno Le Maire aurait dit aux syndicats sans aucun doute : " Les regles budgetaires de l ' UE resteront suspendues en 2023 a cause du choc economique declenche par la guerre ... " . Faites passer le mot aux autres gr...

à écrit le 23/05/2022 à 17:15
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Tant mieux, s'ils ont été exclus, ces syndicats ont fait assez de mal comme cela

à écrit le 23/05/2022 à 16:58
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Bah ces dernières décennies les syndicats ont d'abord et avant tout perdu sans combattre bien souvent ou en combattant mollement se concentrant surtout à ce qu'il n'y ai pas de débordement, pas de mouvements même seulement un peu plus motivés que. Le...

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