"Orpea : les responsables sont des salopards" (Laurent Berger, CFDT)
Denis Lafay
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LA TRIBUNE- Le « scandale Orpea » révélé par le journaliste Victor Castanet dans Les fossoyeurs (Fayard) n'en finit pas de bouleverser l'opinion publique. Car il est au croisement d'enjeux humains, médicaux, sociaux, managériaux, financiers et spéculatifs qui concernent toute la société. Est-ce le paroxysme de la « crise du travail » ?
LAURENT BERGER- Il faut condamner sans appel ce qu'il s'est passé chez Orpea. Je le dis haut et fort : les responsables sont des salopards. Salopards à l'égard des personnes âgées, à l'égard de leurs travailleurs, à l'égard des syndicalistes - le livre Les fossoyeurs a révélé une répression syndicale hors norme. Je réclame à leur endroit une commission d'enquête, les poursuites que dictent leur comportement et leurs exactions, et les peines afférentes les plus sévères. Si les faits sont avérés, ils devront payer cher.
Mais au-delà, il faut faire oeuvre d'une grande prudence : assimiler à Orpea tous les acteurs, qu'ils soient des secteurs privé ou public, lucratif ou associatif, serait une immense erreur. La tentation de tout amalgame est délétère. D'abord c'est profondément injuste vis-à-vis des salariés. Car qui sont-ils dans leur grande majorité ? Des travailleurs extraordinairement mobilisés et dévoués, en dépit de rémunérations très insuffisantes. Donner le sentiment qu'ils sont acteurs d'une maltraitance dont seuls leurs dirigeants et leurs actionnaires sont coupables est terrible.
C'est également injuste à l'égard des familles, qui n'ont pas d'autre choix que de placer leurs aînés dans ces établissements et qui ajoutent à cette possible « culpabilité » celle de « savoir », désormais, de quoi peuvent être capables les organisations de ces maisons. Ils sont pris doublement en otage, et c'est odieux.
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Il est d'autant plus essentiel de briser cette tentation de l'amalgame, si populaire à l'ère de l'hystérisation et de la simplification à tous crins. Il ne reflète nullement la réalité. Quiconque, et c'est mon cas, a visité des établissements publics comme privés en a rencontré qui sont remarquablement tenus, où les résidents sont considérés et traités avec humanité grâce à un personnel et à des directions impliqués et responsables.
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Denis Lafay