Martin Vial, le président de l'Agence des participations de l'État, a choisi de quitter ses fonctions mercredi prochain, le 1er juin. Mais, pour l'heure, il n'y a personne pour prendre sa suite à ce poste stratégique, qui gère des dossiers aussi importants que Renault, EDF, Air France-KLM ou encore la SNCF. Martin Vial est reçu, juste avant son départ, ce mardi 31 mai par Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie. L'occasion de parler de la nouvelle feuille de route sur laquelle il travaille depuis des mois. Explications.
Qui pour prendre la succession de Martin Vial à l'Agence des participations de l'État (APE) ? Officiellement, le ministère des Finances, qui en assure la tutelle, n'a plus que quelques jours pour trouver...
Mais, s'il prend son temps, c'est parce que ce poste est un des plus importants et des plus prestigieux de l'État. Il consiste à gérer le portefeuille de l'État actionnaire. Il intervient dans des dossiers capitaux et aussi exposés qu'EDF, la SNCF, ou encore Renault, Air France-KLM, Engie. À charge pour l'APE de stabiliser le capital de ces groupes lorsqu'ils connaissent des difficultés, comme ce fut le cas lors de la crise du Covid, mais aussi de les accompagner dans leur développement et leur transformation.
Le candidat idéal est un véritable mouton à cinq pattes
Et, selon nos informations, Bercy a bien du mal à recruter le bon candidat.
« C'est très difficile de trouver quelqu'un pour ce job, reconnaît un membre du cabinet du ministère des Finances. Il faut un profil qui en a sous le pied, pas trop junior... à la fois un bon technicien, doté d'un sens politique aigu. »
Et d'ajouter:
« Il faut en plus très bien connaître l'appareil public et le secteur privé, être un habitué de l'ingénierie financière. »
130 milliards d'euros d'actifs à gérer
Au total, ce sont pas moins de 130 milliards d'euros d'actifs qui sont engagés.
Ainsi, Stéphanie Besnier, numéro deux de cette administration depuis un an, aura en charge d'assurer l'intérim au départ de Martin Vial, jusqu'à ce que son successeur soit nommé. Mais, à 44 ans, elle est jugée trop jeune pour que lui soit confié pleinement le mandat.
Circule également le nom d'Alexis Zajdenweber. Quadragénaire, lui aussi, il est l'un des plus proches conseillers d'Emmanuel Macron, proche également d'Alexis Kohler, le bras droit du président. "Mais, là aussi, certains le jugent encore un peu jeune", plaide encore une source à Bercy. L'Élysée aurait tendance à pousser cette candidature, alors que le ministère des Finances serait plus mitigé.
Mais, au-delà du bras de fer qui se joue entre le Palais et la pieuvre Bercy, reste une difficulté et non des moindres pour attirer les postulants : "C'est un job que personne ne veut parce qu'ensuite, votre carrière est très limitée", souligne une source au ministère de l'Economie. "C'est difficile, après l'APE, de rejoindre le privé, vous vous retrouvez vite en conflits d'intérêts." Et pour cause, la puissance publique est actuellement présente au capital de 83 sociétés, dont une dizaine cotées en Bourse.
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